Bengale, avant 1915, agitations nationalistes du mouvement indou Swadeshi (chant : Bande Mataram) pour une émancipation de l'Inde des puissances étrangères (Royaume-Uni mais aussi Allemagne...), puis pour une dissociation d'avec les musulmans (qui tiennent de nombreux commerces, ne respectent pas les rites et les interdits indous ex. des vaches qu'ils sacrifient en violation des croyances indoues)
Roman à troix voix, trois narrateurs :
- Bimala, épouse de Nikhil, la Chota Rani (la belle-fille) : figure d'une Inde trop longtemps restée murée dans ses traditions, comme cette femme que Nikhil a aimé à sa façon, sans passion apparente, mais fidèlement et assidûment ; lorsque Sandip affirme sa place face à Nikhil, sa beauté et ses mots, sa vigueur et sa franchise séduisent immédiatement une Bimala habituée en 9 ans de mariage à des propos plus doux, des attetions moins vives ; le discours amoureux de Sandip passe par le discours patriotique ou prétendu tel
- Nikhil : Maharadja, figure du Bengale ancestral, respect des coutumes, mais aussi grande éducation, sagesse, et ouverture raisonné aux valeurs occidentales, respect des différences (des musulmans, dont il considère les revendications voire la violence comme une conséquence compréhensible de l'intolérance traditionnelle du Bengale, de son oppression à leur égard ; des femmes : il prend Bimala en douceur, respecte ses positions, quand elle veut prendre une domestique anglaise et quand elle veut devenir une égérie de la cause Swadeshi ; des pauvres : il prend fait et cause pour le pauvre Babu ? lorsque celui-ci dans une extrême dénuement tombe dans un piège ourdi par le swadeshi - le maître résoudra cette affaire avec tact et ruse, ce que Nikhil ne pouvait s'abaisser à faire)
- Sandip : jeune homme à la tête du Swadeshi ; figure de la passion dominant la raison, du désir, de la violence, de la puissance, de la destruction, de la séduction ; dans ses vingt ans, il dit qu'il devra mourir avant 30 ans, comme ses frères ; grand orateur enflammé en public, séducteur acharné et éhonté face à Bimala, dans le palais, face même à Nikhil, il revendique son absence totale de retenue pour obtenir ce qu'il souhaite
Personnages secondaires :
- la Bara Rani (la grande dame - belle-sœur) :
- Amyula : disciple de Sandip, très jeune, prêt au coup de poing, figure de la jeunesse hésitante
- le maître de Nikhil : figure de la sagesse
http://www.online-literature.com/tagore-rabindranath/home-and-the-world/
jeudi 14 mai 2009
mercredi 6 mai 2009
Hedda Gabler - Ibsen (Nor.) 1890
Jörgen Tesman : jeune docteur en histoire des civilisations - thèse sur "L'artisanat du Brabant au Moyen-âge"
Mme Hedda Tesman (Gabler) : de retour de son voyage de noces en Europe (Tyrol not.)
Melle Tesman - Tante Juliane : tante du docteur - vit avec et s'occupe de sa sœur Rina, mourante - vieille fille, aime sincèrement Hedda, ne voit le mal nulle part, croit au bonheur simple du couple, passe complètement à côté des enjeux et des sentiments de chacun - préfère assister une mourante, ou tout autre malade après la mort de Rina, que de vivre vraiment
Brack : juge - bon vivant, peut-être un peu rustre, en tout cas, l'antithèse de la finesse, de la discrétion de Tesman, et de la passion à vif, de la sensibilité à fleur de peau de Lövborg - fait clairement comprendre son intention de créer un triangle avec Hedda et son mari, triangle exclusif (il sait que Lövborg est un rival : il va utiliser le comportement de Lövborg lors de la soirée de beuverie pour manipuler Hedda et obtenir d'elle sa soumission — soumission que Hedda refusera, jusqu'à la mort)
Berte : servante des Tesman
Ejlert Lövborg : figure du passé, d'avant le mariage de Hedda, et de son départ avec Tesman - lui-même revient dans la ville après une absence - son retour suscite l'inquiétude de Mme Elvsted : on devine que Lövborg a eu une vie dissolue ; à l'inquiétude de Thea, on devine que cette préoccupation trahit une certaine affection - on comprend que Lövborg a été un noceur, qu'il a renoncé à la boisson
Mme Elvsted - Thea : femme du préfet - secrètement amoureuse de Lövborg, qui a logé chez elle et son mari ("là-haut"), tout en étant le précepteur des enfants que le préfet a eus de sa première femme - Thea a activement aidé Lövborg pour la préparation de son deuxième livre à paraître sur le futur des civilisations - elle voit en ce nouvel ouvrage, l'enfant qu'elle aurait eu avec Lövborg
Hedda : victime ou coupable ? coupable ou victime ?
Preso : peu de compassion pour elle
Coupable :
- martyrise et manipule mentalement Thea (qu'elle appelle Thora alors qu'elle prétend lui rappeler les bons souvenirs de leur enfance) - réitère les menaces qu'elle avait faites à Thea de lui brûler les cheveux - impose à Thea un comportement de soumission : placement dans l'espace, la force à assister à la déchéance, la nouvelle chute de Lövborg (lorsqu'elle lui force la main pour boire en révélant à demi-mot que Mme Elvsted est venue prévenir les tesman de la présence de Lövborg dans la ville, et de ses inquiétudes, rompant de la sorte la relation de confiance que Lövborg croyait avoir réussi à construire avec Mme Elvsted) ; déclare qu'elle veut avoir le contrôle du destin d'un homme (celui de Lövborg) ;
- joue avec Lövborg à qui elle fait croire que les échanges qu'ils ont eux ensemble avant son mariage n'avaient aucune signification amoureuse ; lui déclare qu'elle ne veut pas être infidèle quand elle voit bien que Lövborg est encore fou amoureux d'elle ; finalement lui donne un pistolet en l'incitant très clairement à se suicider au nom de la beauté du geste ;
- détruit froidement les cahiers de Lövborg quand elle réalise combien ils sont l'œuvre commune de Lövborg et de Thea ;
- se moque de Tante Juliane lorsqu'elle prend le chapeau que la tante vient de s'acheter pour sortir avec Hedda sans lui faire honte pour le chapeau de Berte (insinuant par là que la tante a des goûts médiocres)
- se moque de Tesman (qui ne s'en rend pas compte - perdu entre amour et passion pour ses études) en reprenant ses tics de langage, ses expressions, son ton ou ses mimiques ("Hein ?", "pense donc")
- son seul objectif : avoir la maison parfaite pour mener une vie mondaine, le lieu et son aménagement - Tesman l'a accepté et pour cela est prêt à faire de grandes dépenses, il espère donc obtenir au plus vite sa nomination en tant que professeur (Hedda n'a que faire des obstacles comme la condition du concours préalable et la perspective d'un endettement ne la fait pas renoncer à ses envies ; Hedda n'éprouve d'ailleurs aucune gratitude à la tante alors que celle-ci explique s'être portée caution pour la maison et les meubles, sur la base de ses rentes et celles de tante Rina)
Victime :
- jeunesse passée avec un père ancien général dont on ne sait pas grand-chose : on devine l'absence, la mort de la mère
- on comprend la rigueur du père, et encore sans excès particulier (ni claustration, ni violence, ni inceste...) : Hedda et Lövborg devait se retrouver dans le salon de la maison du général et en sa présence, pendant qu'il lisait son journal) ;
- Hedda explique que son éducation lui a interdit le jeu des sentiments (raison selon elle qui la poussait à découvrir ces choses à travers les confidences provoquées de Lövborg, au cours de discussions que lui prenait pour des jeu de séduction-provocation sensuelle, lorsque Hedda, elle, prétend qu'il s'agissait d'une curiosité sans conséquence de sa part) ;
Finalement : égoïsme, égocentrisme, capricieuse, lâcheté (Hedda l'avoue elle-même acte III) - Hedda s'applique à éprouver son pouvoir sur les autres (sur Lövborg quand ils étaient "camarades", III ; sur Thea et Lövborg IV scène des punchs glacés ; xxx), à manipuler tous les personnages dans son unique intérêt, n'éprouve aucune émotion à la mort de la tante ; la seule émotion qu'on lui connaît, c'est sa déception lorsque Brack lui révèle que Lövborg ne s'est pas lui-même tiré une balle, dans la tempe comme elle l'espérait, ni même dans la poitrine, mais qu'il a plus vraisemblablement été victime d'un coup tiré par la chanteuse rousse qui lui a tiré dessus en légitime défense, et dans le bas-ventre ; la médiocrité de cette mort lui est insupportable ; face à la perspective d'une cour assidue et vulgaire du juge Brack, elle décide de sortir de ce vulgaire par la mort et se tire une balle dans la tête
Question de l'éducation (bof) ? du scandale, de la pesanteur des normes sociales ? du poids des hommes ? (son père et le juge Brack — mais Tesman semble très souple et disponible, si ce n'est éperdument, passinément amoureux ; Lövborg l'est, mais il est aussi impuissant dans la vie, après le départ de Hedda, il a eu besoin de stabilité : il a quitté sa vie de noceur pour se plonger dans l'écriture, et avec l'aide et l'amour sincère et dévoué de Mme Elvsted, a réussi à se construire une nouvelle stabilité, que Hedda va prendre un malin plaisir à renverser d'un coup)
Hedda en Madame Bovary ? en quête de beauté, de sublime face à la médiocrité, à la tempérance, à la tiédeur des sentiments, de la vie ?
Mme Hedda Tesman (Gabler) : de retour de son voyage de noces en Europe (Tyrol not.)
Melle Tesman - Tante Juliane : tante du docteur - vit avec et s'occupe de sa sœur Rina, mourante - vieille fille, aime sincèrement Hedda, ne voit le mal nulle part, croit au bonheur simple du couple, passe complètement à côté des enjeux et des sentiments de chacun - préfère assister une mourante, ou tout autre malade après la mort de Rina, que de vivre vraiment
Brack : juge - bon vivant, peut-être un peu rustre, en tout cas, l'antithèse de la finesse, de la discrétion de Tesman, et de la passion à vif, de la sensibilité à fleur de peau de Lövborg - fait clairement comprendre son intention de créer un triangle avec Hedda et son mari, triangle exclusif (il sait que Lövborg est un rival : il va utiliser le comportement de Lövborg lors de la soirée de beuverie pour manipuler Hedda et obtenir d'elle sa soumission — soumission que Hedda refusera, jusqu'à la mort)
Berte : servante des Tesman
Ejlert Lövborg : figure du passé, d'avant le mariage de Hedda, et de son départ avec Tesman - lui-même revient dans la ville après une absence - son retour suscite l'inquiétude de Mme Elvsted : on devine que Lövborg a eu une vie dissolue ; à l'inquiétude de Thea, on devine que cette préoccupation trahit une certaine affection - on comprend que Lövborg a été un noceur, qu'il a renoncé à la boisson
Mme Elvsted - Thea : femme du préfet - secrètement amoureuse de Lövborg, qui a logé chez elle et son mari ("là-haut"), tout en étant le précepteur des enfants que le préfet a eus de sa première femme - Thea a activement aidé Lövborg pour la préparation de son deuxième livre à paraître sur le futur des civilisations - elle voit en ce nouvel ouvrage, l'enfant qu'elle aurait eu avec Lövborg
Hedda : victime ou coupable ? coupable ou victime ?
Preso : peu de compassion pour elle
Coupable :
- martyrise et manipule mentalement Thea (qu'elle appelle Thora alors qu'elle prétend lui rappeler les bons souvenirs de leur enfance) - réitère les menaces qu'elle avait faites à Thea de lui brûler les cheveux - impose à Thea un comportement de soumission : placement dans l'espace, la force à assister à la déchéance, la nouvelle chute de Lövborg (lorsqu'elle lui force la main pour boire en révélant à demi-mot que Mme Elvsted est venue prévenir les tesman de la présence de Lövborg dans la ville, et de ses inquiétudes, rompant de la sorte la relation de confiance que Lövborg croyait avoir réussi à construire avec Mme Elvsted) ; déclare qu'elle veut avoir le contrôle du destin d'un homme (celui de Lövborg) ;
- joue avec Lövborg à qui elle fait croire que les échanges qu'ils ont eux ensemble avant son mariage n'avaient aucune signification amoureuse ; lui déclare qu'elle ne veut pas être infidèle quand elle voit bien que Lövborg est encore fou amoureux d'elle ; finalement lui donne un pistolet en l'incitant très clairement à se suicider au nom de la beauté du geste ;
- détruit froidement les cahiers de Lövborg quand elle réalise combien ils sont l'œuvre commune de Lövborg et de Thea ;
- se moque de Tante Juliane lorsqu'elle prend le chapeau que la tante vient de s'acheter pour sortir avec Hedda sans lui faire honte pour le chapeau de Berte (insinuant par là que la tante a des goûts médiocres)
- se moque de Tesman (qui ne s'en rend pas compte - perdu entre amour et passion pour ses études) en reprenant ses tics de langage, ses expressions, son ton ou ses mimiques ("Hein ?", "pense donc")
- son seul objectif : avoir la maison parfaite pour mener une vie mondaine, le lieu et son aménagement - Tesman l'a accepté et pour cela est prêt à faire de grandes dépenses, il espère donc obtenir au plus vite sa nomination en tant que professeur (Hedda n'a que faire des obstacles comme la condition du concours préalable et la perspective d'un endettement ne la fait pas renoncer à ses envies ; Hedda n'éprouve d'ailleurs aucune gratitude à la tante alors que celle-ci explique s'être portée caution pour la maison et les meubles, sur la base de ses rentes et celles de tante Rina)
Victime :
- jeunesse passée avec un père ancien général dont on ne sait pas grand-chose : on devine l'absence, la mort de la mère
- on comprend la rigueur du père, et encore sans excès particulier (ni claustration, ni violence, ni inceste...) : Hedda et Lövborg devait se retrouver dans le salon de la maison du général et en sa présence, pendant qu'il lisait son journal) ;
- Hedda explique que son éducation lui a interdit le jeu des sentiments (raison selon elle qui la poussait à découvrir ces choses à travers les confidences provoquées de Lövborg, au cours de discussions que lui prenait pour des jeu de séduction-provocation sensuelle, lorsque Hedda, elle, prétend qu'il s'agissait d'une curiosité sans conséquence de sa part) ;
Finalement : égoïsme, égocentrisme, capricieuse, lâcheté (Hedda l'avoue elle-même acte III) - Hedda s'applique à éprouver son pouvoir sur les autres (sur Lövborg quand ils étaient "camarades", III ; sur Thea et Lövborg IV scène des punchs glacés ; xxx), à manipuler tous les personnages dans son unique intérêt, n'éprouve aucune émotion à la mort de la tante ; la seule émotion qu'on lui connaît, c'est sa déception lorsque Brack lui révèle que Lövborg ne s'est pas lui-même tiré une balle, dans la tempe comme elle l'espérait, ni même dans la poitrine, mais qu'il a plus vraisemblablement été victime d'un coup tiré par la chanteuse rousse qui lui a tiré dessus en légitime défense, et dans le bas-ventre ; la médiocrité de cette mort lui est insupportable ; face à la perspective d'une cour assidue et vulgaire du juge Brack, elle décide de sortir de ce vulgaire par la mort et se tire une balle dans la tête
Question de l'éducation (bof) ? du scandale, de la pesanteur des normes sociales ? du poids des hommes ? (son père et le juge Brack — mais Tesman semble très souple et disponible, si ce n'est éperdument, passinément amoureux ; Lövborg l'est, mais il est aussi impuissant dans la vie, après le départ de Hedda, il a eu besoin de stabilité : il a quitté sa vie de noceur pour se plonger dans l'écriture, et avec l'aide et l'amour sincère et dévoué de Mme Elvsted, a réussi à se construire une nouvelle stabilité, que Hedda va prendre un malin plaisir à renverser d'un coup)
Hedda en Madame Bovary ? en quête de beauté, de sublime face à la médiocrité, à la tempérance, à la tiédeur des sentiments, de la vie ?
lundi 4 mai 2009
Les Funérailles de la Grande Mémé - Garcia Marquez
8 nouvelles de 1962
La sieste du mardi
Une femme et sa fille arrive en train dans un village endormi sous la chaleur. Elles se rendent à l'église pour pouvoir accéder à la tombe d'un homme, le fils, qui vient d'être enterré, après avoir été tué lors d'une tentative de cambriolage. La mère, digne, ne nie pas que son fils a mal tourné mais en peu de mots fait comprendre qu'il a beaucoup souffert avant d'en arriver là : boxeur contraint, il en a perdu toutes ses dents ; lorsqu'il en a été réduit à voler, elle lui a dit de "ne jamais voler ce qui pouvait empêcher quelqu'un de manger" (comprendre : ne pas priver quelqu'un des moyens de se nourrir ?). Le curé sorti de sa sieste par cette visite imprévue semble bien indifférent à la peine de cette mère : "la volonté de Dieu est insondable."
Un jour comme les autres
Un dentiste est contraint d'extraire une dent au maire du village contre son gré : on comprend que ce maire a fait tuer plusieurs de ses opposants, et que sa gestion des deniers publics est proche de la prévarication.
Il n'y a pas de voleurs dans ce village
Un jeune homme, plus ou moins boxeur, vole les trois seules boules de billard de la salle du village. Un noir est accusé du vol et expulsé du village par bateau, sans que cela perturbe le véritable voleur, jusqu'à ce que des états d'âme et l'alcool le troublent tant qu'une nuit de beuverie, il rapporte les boules à la salle, où il est surpris par le propriétaire d'abord incrédule puis décidé à lui faire payer l'affront en l'accusant contre la vérité d'avoir dérobé une somme d'argent qu'il sait le voleur incapable d rembourser. Trace du fantastique : le voleur a dit à sa compagne qu'il avait vu un gros chat blanc le soir du vol ; il revoit ce chat lors de la restitution mais ce chat disparaît dès l'irruption du propriétaire. Son existence n'est pas prouvée, en fait. Sens de cette vision ?
Le merveilleux après-midi de Balthazar
Un menuisier construit une magnifique cage à oiseaux dont tout le monde reconnaît la beauté/ Le médecin veut l'acheter mais le menuisier refuse de la lui vendre prétextant qu'elle a été faite pour le fils d'un riche propriétaire du village, lequel refuse de lui payer en humiliant le menuisier à qui il reproche d'avoir accepté une commande de la part d'un enfant. L'enfant se met à pleurer, provoquant la colère du père, le menuisier peiné de voir l'enfant dans cet état décide de lui offrir la cage et quitte cette maison sans un sou mais payé des louanges faites au sujet de sa cage, part s'envirer au village, paye des tournées et finit ivre mort, dépouillé, seul, et fier à en pleurer.
La Veuve Montiel
Deuil douloureux de la veuve de don José Montiel qui ne comprend pas ce qu'elle perçoit comme de l'ingratitude des villageois à l'égard de son défunt mari. On apprend que ce commerçant a aidé le maire a éliminer toute opposition politique en faisant assassiner les pauvres et en exilant les riches, dont il acquérait ensuite les biens à vil prix, se constituant ainsi une fortune invraisemblable. Incapable de réaliser la violence et la culpabilité de son mari, la femme se cloître dans son hacienda, se met à se ronger les ongles, tellement que son bras finit par s'ankyloser, signe selon Grande Mémé qui lui apparaît en songe, que sa mort est proche.
Un jour après le samedi
Histoire de trois personnages dans un village improbable, perdu dans le temps : le père don Antonio Isabel du Très Saint Sacrement de l'Autel ; Rébecca, la veuve amère, apparentée au colonel Aureliano Buendia, habitant la demeure dans laquelle le frère du colonel, José Arcadio Buendia fut tué d'une balle de pistolet ; un jeune homme de passage dans le village, descendu du train pour s'alimenter et contraint d'y rester parce qu'il manqua le train qaund il redémarra... Amertume, insensibilité, égocentrisme, mépris de la femme ; sénilité apparente, impassibilité, émotion du père de 94 ans qui dit avoir vu le diable par trois fois, s'attirant la risée et le mépris des villageois, puis le Juif errant, dans un moment de solitude écrasé de chaleur, interprétant la mort de plusieurs oiseaux comme le signe de l'imminence de l'apocalypse ; incommunicabilité entre des figures si longtemps marquées dans des positions antagonistes
"tout s'était effacé de sa cervelle, le théâtre grec et les classiques qu'il ne différenciait pas entre eux mais avait baptisés en bloc : "les petits vieux de dans le temps"."
"En outre, une légende (ou peut-être une histoire) courait au sujet de la famille de Mme Rébecca"
Les roses artificielles
"Après avoir humé longuement le café pour constater qu'il était prêt, elle retira la casserole du feu."
Les funérailles de la Grande Mémé
"Et voici maintenant, incrédules du monde entier, l'histoire véridique de la Grande Mémé, souveraine absolue du royaume de Macondo, qui gouverna sur ses domaines durant quatre-vingt-douze ans et mourut en odeur de sainteté un mardi du dernier mois de septembre, et aux funérailles de laquelle assista le Saint-Père en personne."
"maintenant, oui, l'heure est venue d'appuyer un tabouret contre la porte de la rue et de raconter par le menu les détails de cette commotion nationale, sans laisser aux historiens le temps de venir y mettre leur nez."
Fin d'un temps ancien : la Grande Mémé régnait sur des territoires issus de la répartition des terres du temps des conquistadores, dirigeait ses domaines et leurs habitants comme un seigneur autocratique, arbitraire et paternaliste
- le patrimoine physique : 3 encomiendas concédés par ordonnance royale à l'époque de la Colonie
- le patrimoine invisible : "les demoiselles très distinguées"


Le président de la République, contraint de trouver une ruse juridique pour légitimer sa présence aux funérailles, et le souverain pontife, contraint de quitter sa résidence d'été de Castel Gandolfo en pirogue noire pour traverser l'atlantique et les rivières : l'Etat moderne, légaliste, formaliste et populiste, et l'Eglise, traditionaliste, aux obsèques grandiosement ridicules de la vieille Colombie, à l'amour violent et dominateur pour sa progéniture, légitime ou naturelle, qu'elle a de tout temps organisée (mariages de raison, consanguinité, accaparement, regroupement des domaines) et exploite...
La sieste du mardi
Une femme et sa fille arrive en train dans un village endormi sous la chaleur. Elles se rendent à l'église pour pouvoir accéder à la tombe d'un homme, le fils, qui vient d'être enterré, après avoir été tué lors d'une tentative de cambriolage. La mère, digne, ne nie pas que son fils a mal tourné mais en peu de mots fait comprendre qu'il a beaucoup souffert avant d'en arriver là : boxeur contraint, il en a perdu toutes ses dents ; lorsqu'il en a été réduit à voler, elle lui a dit de "ne jamais voler ce qui pouvait empêcher quelqu'un de manger" (comprendre : ne pas priver quelqu'un des moyens de se nourrir ?). Le curé sorti de sa sieste par cette visite imprévue semble bien indifférent à la peine de cette mère : "la volonté de Dieu est insondable."
Un jour comme les autres
Un dentiste est contraint d'extraire une dent au maire du village contre son gré : on comprend que ce maire a fait tuer plusieurs de ses opposants, et que sa gestion des deniers publics est proche de la prévarication.
Il n'y a pas de voleurs dans ce village
Un jeune homme, plus ou moins boxeur, vole les trois seules boules de billard de la salle du village. Un noir est accusé du vol et expulsé du village par bateau, sans que cela perturbe le véritable voleur, jusqu'à ce que des états d'âme et l'alcool le troublent tant qu'une nuit de beuverie, il rapporte les boules à la salle, où il est surpris par le propriétaire d'abord incrédule puis décidé à lui faire payer l'affront en l'accusant contre la vérité d'avoir dérobé une somme d'argent qu'il sait le voleur incapable d rembourser. Trace du fantastique : le voleur a dit à sa compagne qu'il avait vu un gros chat blanc le soir du vol ; il revoit ce chat lors de la restitution mais ce chat disparaît dès l'irruption du propriétaire. Son existence n'est pas prouvée, en fait. Sens de cette vision ?
Le merveilleux après-midi de Balthazar
Un menuisier construit une magnifique cage à oiseaux dont tout le monde reconnaît la beauté/ Le médecin veut l'acheter mais le menuisier refuse de la lui vendre prétextant qu'elle a été faite pour le fils d'un riche propriétaire du village, lequel refuse de lui payer en humiliant le menuisier à qui il reproche d'avoir accepté une commande de la part d'un enfant. L'enfant se met à pleurer, provoquant la colère du père, le menuisier peiné de voir l'enfant dans cet état décide de lui offrir la cage et quitte cette maison sans un sou mais payé des louanges faites au sujet de sa cage, part s'envirer au village, paye des tournées et finit ivre mort, dépouillé, seul, et fier à en pleurer.
La Veuve Montiel
Deuil douloureux de la veuve de don José Montiel qui ne comprend pas ce qu'elle perçoit comme de l'ingratitude des villageois à l'égard de son défunt mari. On apprend que ce commerçant a aidé le maire a éliminer toute opposition politique en faisant assassiner les pauvres et en exilant les riches, dont il acquérait ensuite les biens à vil prix, se constituant ainsi une fortune invraisemblable. Incapable de réaliser la violence et la culpabilité de son mari, la femme se cloître dans son hacienda, se met à se ronger les ongles, tellement que son bras finit par s'ankyloser, signe selon Grande Mémé qui lui apparaît en songe, que sa mort est proche.
Un jour après le samedi
Histoire de trois personnages dans un village improbable, perdu dans le temps : le père don Antonio Isabel du Très Saint Sacrement de l'Autel ; Rébecca, la veuve amère, apparentée au colonel Aureliano Buendia, habitant la demeure dans laquelle le frère du colonel, José Arcadio Buendia fut tué d'une balle de pistolet ; un jeune homme de passage dans le village, descendu du train pour s'alimenter et contraint d'y rester parce qu'il manqua le train qaund il redémarra... Amertume, insensibilité, égocentrisme, mépris de la femme ; sénilité apparente, impassibilité, émotion du père de 94 ans qui dit avoir vu le diable par trois fois, s'attirant la risée et le mépris des villageois, puis le Juif errant, dans un moment de solitude écrasé de chaleur, interprétant la mort de plusieurs oiseaux comme le signe de l'imminence de l'apocalypse ; incommunicabilité entre des figures si longtemps marquées dans des positions antagonistes
"tout s'était effacé de sa cervelle, le théâtre grec et les classiques qu'il ne différenciait pas entre eux mais avait baptisés en bloc : "les petits vieux de dans le temps"."
"En outre, une légende (ou peut-être une histoire) courait au sujet de la famille de Mme Rébecca"
Les roses artificielles
"Après avoir humé longuement le café pour constater qu'il était prêt, elle retira la casserole du feu."
Les funérailles de la Grande Mémé
"Et voici maintenant, incrédules du monde entier, l'histoire véridique de la Grande Mémé, souveraine absolue du royaume de Macondo, qui gouverna sur ses domaines durant quatre-vingt-douze ans et mourut en odeur de sainteté un mardi du dernier mois de septembre, et aux funérailles de laquelle assista le Saint-Père en personne."
"maintenant, oui, l'heure est venue d'appuyer un tabouret contre la porte de la rue et de raconter par le menu les détails de cette commotion nationale, sans laisser aux historiens le temps de venir y mettre leur nez."
Fin d'un temps ancien : la Grande Mémé régnait sur des territoires issus de la répartition des terres du temps des conquistadores, dirigeait ses domaines et leurs habitants comme un seigneur autocratique, arbitraire et paternaliste
- le patrimoine physique : 3 encomiendas concédés par ordonnance royale à l'époque de la Colonie
- le patrimoine invisible : "les demoiselles très distinguées"
Le président de la République, contraint de trouver une ruse juridique pour légitimer sa présence aux funérailles, et le souverain pontife, contraint de quitter sa résidence d'été de Castel Gandolfo en pirogue noire pour traverser l'atlantique et les rivières : l'Etat moderne, légaliste, formaliste et populiste, et l'Eglise, traditionaliste, aux obsèques grandiosement ridicules de la vieille Colombie, à l'amour violent et dominateur pour sa progéniture, légitime ou naturelle, qu'elle a de tout temps organisée (mariages de raison, consanguinité, accaparement, regroupement des domaines) et exploite...
Lola, une femme allemande — Rainer Werner Fassbinder
Une ville d'Allemagne après-guerre, sous occupation américaine, en plein "Wirtschaftwunder"
Le soir, un "salon" regroupe tous les notables de la ville autour de Lola, chanteuse-danseuse-prostituée : l'entrepreneur Stuckert, le maire, le chef de la police, un jeune employé du service de l'urbanisme.
Un nouveau responsable est nommé à la tête du service d'urbanisme. L'homme apparaît rigoureux et scrupuleux. Lola, irritée de ce qu'on lui dit qu'un tel homme n'est pas de "son genre", parvient à lui tirer un baise-main en public lors du dévoilement de la statue érigée en l'honneur du comte Von Staufenberg (pour la réconciliation des allemands, de la résistance et de l'armée). Dès lors, l'homme de dossiers, discret et méticuleux, va se passionner pour Lola, jusqu'à ce que l'entrepreneur et son employé lui fassent découvrir la vérité un soir en l'invitant au salon. Clash : l'homme se sent insulté, Lola, d'abord choquée, assume et chante de plus belle. L'homme va alors s'employer à empêcher le programme... mais finira par céder aux charmes habileent vendus de Lola, au désespoir de sa mère qui aimait cet homme sincèrement.
La question : le projet Lindenhof, un programme de reconstruction immobilière, pourra-t-i voir le jour malgré les violations flagrantes des règles d'urbanisme ?
Autrement dit : quel est le prix du "miracle économique" allemand ?
Les rôles :
- la mère de Lola : vient de Prusse orientale (Pologne), accent ("Chtalingrad" dit-elle, lorsqu'elle parle de son mari tué sur le champ de guerre), une figure de l'Allemagne historique - pré-nazie, ou des racines devenues antagonistes par la folie conquérante
- la femme de Stuckert : femme de la haute désargentée affichant ses principes de pure forme (notamment d'ordre social, d'apparence), méprise Stuckert (scène de la voiture) qui la trompe sans vergogne, ce dont elle a certainement conscience - une scène montre la maison où vivent le couple : une maison quelconque, dans un quartier pavillonnaire, avec une piscine et une nacelle dans un petit jardin (du Tati au rabais) : la noblesse a quitté les châteaux
- Lola : l'Allemagne d'après-guerre : prête à se vendre au mieux-disant, rêve de grandeur, sans scrupule
- Stuckert : l'entrepreneur, les forces économiques, le patronat ; homme du peuple, de peu d'éducation, jouisseur
- le maire : les politiques : peu soucieux des règles, paprtisans d'une application souple, au profit du développement
- le chef de bureau : le peuple allemand, tel que libéré, sur le seuil de son avenir, un pied dans le passé, un autre dans l'avenir, à chercher sa voie : respectueux mais indifférent à l'Allemagne traditionnelle, préfère les charmes du nouveau et de l'occident, jusqu'à la compromission, au renoncement, à la légalité, à la moralité, aux idéaux du socialisme, voire l'anarchisme de Bakounine (citations répétées)
- l'employé : un autre visage du peuple, la classe populaire, fatiguée des idéaux, cède à son plaisir : quitte le parti des moralistes
- les moralistes : autre visage du peuple : en arrière-plan : impuissant, simple bruit de fond ; les patrons et les politiques les tolèrent parce que la Loi fondamentale a sanctuarisé la liberté d'expression, mais n'en tiennent aucun compte (les manifestants qui apparaissent de façon récurrente, de jour, bien sûr, tiennent des pancartes ou défilent sagement, sans violence, sans effet)
Scène finale : après le mariage du chef et de Lola, le chef part en balade avec son ancien employé à présent salarié de l'entrepreneur, pendant que celui-ci se retrouve avec Lola à qui il remet la liste des libéralités qu'il lui destine à sa mort (la souhait de Lola n'était finalement pas très ambitieux : il s'agissait simplement de prendre possession de son propre salon...), se garantissant sa fidélité et ses faveurs. Pendant ce temps, le chef et son ancien employé se retrouvent au pied de la grange où Lola s'était donné au chef de bureau — à la place de Lola, c'est la fille qu'elle avait eue avec Stuckert, qui attend des marques d'attention, attend un nouvel avenir...
Le soir, un "salon" regroupe tous les notables de la ville autour de Lola, chanteuse-danseuse-prostituée : l'entrepreneur Stuckert, le maire, le chef de la police, un jeune employé du service de l'urbanisme.
Un nouveau responsable est nommé à la tête du service d'urbanisme. L'homme apparaît rigoureux et scrupuleux. Lola, irritée de ce qu'on lui dit qu'un tel homme n'est pas de "son genre", parvient à lui tirer un baise-main en public lors du dévoilement de la statue érigée en l'honneur du comte Von Staufenberg (pour la réconciliation des allemands, de la résistance et de l'armée). Dès lors, l'homme de dossiers, discret et méticuleux, va se passionner pour Lola, jusqu'à ce que l'entrepreneur et son employé lui fassent découvrir la vérité un soir en l'invitant au salon. Clash : l'homme se sent insulté, Lola, d'abord choquée, assume et chante de plus belle. L'homme va alors s'employer à empêcher le programme... mais finira par céder aux charmes habileent vendus de Lola, au désespoir de sa mère qui aimait cet homme sincèrement.
La question : le projet Lindenhof, un programme de reconstruction immobilière, pourra-t-i voir le jour malgré les violations flagrantes des règles d'urbanisme ?
Autrement dit : quel est le prix du "miracle économique" allemand ?
Les rôles :
- la mère de Lola : vient de Prusse orientale (Pologne), accent ("Chtalingrad" dit-elle, lorsqu'elle parle de son mari tué sur le champ de guerre), une figure de l'Allemagne historique - pré-nazie, ou des racines devenues antagonistes par la folie conquérante
- la femme de Stuckert : femme de la haute désargentée affichant ses principes de pure forme (notamment d'ordre social, d'apparence), méprise Stuckert (scène de la voiture) qui la trompe sans vergogne, ce dont elle a certainement conscience - une scène montre la maison où vivent le couple : une maison quelconque, dans un quartier pavillonnaire, avec une piscine et une nacelle dans un petit jardin (du Tati au rabais) : la noblesse a quitté les châteaux
- Lola : l'Allemagne d'après-guerre : prête à se vendre au mieux-disant, rêve de grandeur, sans scrupule
- Stuckert : l'entrepreneur, les forces économiques, le patronat ; homme du peuple, de peu d'éducation, jouisseur
- le maire : les politiques : peu soucieux des règles, paprtisans d'une application souple, au profit du développement
- le chef de bureau : le peuple allemand, tel que libéré, sur le seuil de son avenir, un pied dans le passé, un autre dans l'avenir, à chercher sa voie : respectueux mais indifférent à l'Allemagne traditionnelle, préfère les charmes du nouveau et de l'occident, jusqu'à la compromission, au renoncement, à la légalité, à la moralité, aux idéaux du socialisme, voire l'anarchisme de Bakounine (citations répétées)
- l'employé : un autre visage du peuple, la classe populaire, fatiguée des idéaux, cède à son plaisir : quitte le parti des moralistes
- les moralistes : autre visage du peuple : en arrière-plan : impuissant, simple bruit de fond ; les patrons et les politiques les tolèrent parce que la Loi fondamentale a sanctuarisé la liberté d'expression, mais n'en tiennent aucun compte (les manifestants qui apparaissent de façon récurrente, de jour, bien sûr, tiennent des pancartes ou défilent sagement, sans violence, sans effet)
Scène finale : après le mariage du chef et de Lola, le chef part en balade avec son ancien employé à présent salarié de l'entrepreneur, pendant que celui-ci se retrouve avec Lola à qui il remet la liste des libéralités qu'il lui destine à sa mort (la souhait de Lola n'était finalement pas très ambitieux : il s'agissait simplement de prendre possession de son propre salon...), se garantissant sa fidélité et ses faveurs. Pendant ce temps, le chef et son ancien employé se retrouvent au pied de la grange où Lola s'était donné au chef de bureau — à la place de Lola, c'est la fille qu'elle avait eue avec Stuckert, qui attend des marques d'attention, attend un nouvel avenir...
vendredi 1 mai 2009
De l'amour et autres démons - Garcia Marquez
Pluie de cocottes de papier à la fin des funérailles de la première épouse du marquis, une cocotte saisie au hasard sur laquelle est écrit : "la foudre, c'était moi."
L'amour central : Cayetano Delaura, le bibliothécaire chargé de l'exorcisme de Sierva Maria de Todos Los Angeles (élevée et aimée par les esclaves noirs, elle se donne le nom de Maria Mandinga) découvre progressivement son amour pour la jeune fille mordue par un chien enragé, que l'on accuse de possession démoniaque à défaut de pouvoir relever des symptômes de la rage
Périphérique : Don Ygnacio de Alfaro y Duenas, deuxième marquis de Casalduero, et Dulce Olivia, prétendument folle, le marquis croit l'aimer et se décide à la fin de ses jours à la retrouver, mais face à l'impossibilité, celle-ci devient un esprit qui continue de hanter la propriété du marquis, y prodiguant les soins ménagers délaissés par les esclaves
Périphérique 2 : la liaison matrimoniale du marquis et de sa seconde épouse, Bernarda Cabrera : impossibilité de l'amour sans raison claire pour le lecteur, de cette union naît Sierva Maria que ni l'un ni l'autre ne parvient à aimer (y retrouvant chacun trop de l'autre), vers la fin de ses jours, le marquis croyant moins haïr sa femme va la chercher dans la sucrerie où elle s'est réfugiée, mais celle-ci lui révèle que leur liaison ne fut que le résultat d'un stratagème manigancé entre elle et le père du marquis, dont le dénouement devait être son assassinat
Périphérique 3 : Bernarda et Judas Iscariote - affranchi au corps musculeux qu'elle découvre un jour de fête alors qu'il combat un taureau à mains nues
Périphérique 4 : la liaison du marquis avec Dona Olalla, sa première épouse, qui périt foudroyée - une cocotte en papier tombée du ciel, produit de la folle éconduite, lui apprend que celle-ci qui a provoqué la mort de son épouse
Le lien Sierva Maria / Cayetano : Sierva Maria mordue par un chien au front marqué d'une lune d'argent / le biblio aux cheveux marqués d'une mèche grise (à 36 ans lors de leur rencontre - qu'il tient de sa mère)
Réf : culture africaine des esclaves : yoruba, congo, mandingue (chants, divinités, sacrifices, bijoux) / culture classique des Espagnols / culture des créoles / culture des séfarades :réf aux Juifs portugais chassés d'Espagne
La captivité de Sierva Maria et les tentatives désespérées de Cayetano pour la retrouver et la sauver : cf La Chartreuse de Parme
Le médecin-magicien-érudit : Abrenuncio de Sa Pereira Cao, craint et respecté pour une prétendue résurrection
La domestique lien entre les époux et l'enfant, garant de la tenue de la propriété : Dominga de Adventio
(petits problèmes de chronologie, cf Bernarda : dans un temps où elle fait des indigestions de cacao, il est dit qu'elle n'en a jamais mangé quand elle rencontre Judas Iscariote)
L'amour central : Cayetano Delaura, le bibliothécaire chargé de l'exorcisme de Sierva Maria de Todos Los Angeles (élevée et aimée par les esclaves noirs, elle se donne le nom de Maria Mandinga) découvre progressivement son amour pour la jeune fille mordue par un chien enragé, que l'on accuse de possession démoniaque à défaut de pouvoir relever des symptômes de la rage
Périphérique : Don Ygnacio de Alfaro y Duenas, deuxième marquis de Casalduero, et Dulce Olivia, prétendument folle, le marquis croit l'aimer et se décide à la fin de ses jours à la retrouver, mais face à l'impossibilité, celle-ci devient un esprit qui continue de hanter la propriété du marquis, y prodiguant les soins ménagers délaissés par les esclaves
Périphérique 2 : la liaison matrimoniale du marquis et de sa seconde épouse, Bernarda Cabrera : impossibilité de l'amour sans raison claire pour le lecteur, de cette union naît Sierva Maria que ni l'un ni l'autre ne parvient à aimer (y retrouvant chacun trop de l'autre), vers la fin de ses jours, le marquis croyant moins haïr sa femme va la chercher dans la sucrerie où elle s'est réfugiée, mais celle-ci lui révèle que leur liaison ne fut que le résultat d'un stratagème manigancé entre elle et le père du marquis, dont le dénouement devait être son assassinat
Périphérique 3 : Bernarda et Judas Iscariote - affranchi au corps musculeux qu'elle découvre un jour de fête alors qu'il combat un taureau à mains nues
Périphérique 4 : la liaison du marquis avec Dona Olalla, sa première épouse, qui périt foudroyée - une cocotte en papier tombée du ciel, produit de la folle éconduite, lui apprend que celle-ci qui a provoqué la mort de son épouse
Le lien Sierva Maria / Cayetano : Sierva Maria mordue par un chien au front marqué d'une lune d'argent / le biblio aux cheveux marqués d'une mèche grise (à 36 ans lors de leur rencontre - qu'il tient de sa mère)
Réf : culture africaine des esclaves : yoruba, congo, mandingue (chants, divinités, sacrifices, bijoux) / culture classique des Espagnols / culture des créoles / culture des séfarades :réf aux Juifs portugais chassés d'Espagne
La captivité de Sierva Maria et les tentatives désespérées de Cayetano pour la retrouver et la sauver : cf La Chartreuse de Parme
Le médecin-magicien-érudit : Abrenuncio de Sa Pereira Cao, craint et respecté pour une prétendue résurrection
La domestique lien entre les époux et l'enfant, garant de la tenue de la propriété : Dominga de Adventio
(petits problèmes de chronologie, cf Bernarda : dans un temps où elle fait des indigestions de cacao, il est dit qu'elle n'en a jamais mangé quand elle rencontre Judas Iscariote)
jeudi 23 avril 2009
Berlin Alexanderplatz - Alfred Döblin
Histoire de Franz Biberkopf, ancien déménageur, terrassier sorti de 4 années de prison pour le meurtre de sa compagne (qui allait le quitter pour un autre)
Trad célinienne : "C'est régulier"
Scènes d'abattoir : abattage d'un porc, d'un taureau et d'un veau : détails, neutralité (sauf pour le veau : "atroce"), technicité : Döblin dit à l'animal de ne pas en vouloir à son bourreau : son rôle de bourreau, ce n'est qu'une tâche administrative, pas de sentiments contre la bête
Inserts dans la narration :
- bulletins météo, réclames, articles, documents policiers ou administratifs, etc.
- explications techniques des faits : paragraphes sur le mécanisme de la sexualité (fonctionnement hormonal, répartition des fonctions dans le corps), explication de l'impuissance (après des scènes où Franz ne parvient pas à avoir une activité sexuelle avec des prostituées : médicament, traitement, conseil : attendre que ça passe) / explication physique des blessures de Ida, la compagne de Franz : les corps et les objets en rapport de forces, formules scientifiques décrivant a vitesse et l'énergie du geste de Franz quand il a frappé Ida avec le fouet de cuisine)
Références à des épisodes bibliques : citations, analogies : Jérémie, Job, histoire du faucheur armé par Dieu (ce faucheur aiguise son outil, sa tâche est inévitable), réf à l'Arche de Noë par le Juif (pour lui, il ne faut pas perdre espoir : lorsque Noë a sauvé les espèces de la création, il a sauvé jusqu'aux insectes apparemment les plus insignifiants et moches — reste à savoir quel crédit accorder aux récits et aux leçons donnés par ce Juif, moqué par son ami roux, et contredit par le récit lui-même (et donc par Döblin), et l'Histoire elle-même (le génocide)). Adam et Eve (Eva ? figure de la tentation originelle ? silence de Döblin sur ce point. Eva apparaît plus comme une mère aimante que comme le vice tentateur...). Babylone, monstre à sept têtes et dix cornes, assoiffée de sang... Döblin révèle vers la fin l'existence de deux anges gardiens qui ont protégé Franz jusque là.
Référence à des mythes de la tragédie grecque : Franz en Oreste, réf à Clytemnestre, aux Euménides (rapport au destin implacable, à la fatalité), aux Erynies
Réf à des écrivains, textes : Goethe (Chant de Mignon), Schiller (La Cloche), César Flaischen ; L'Internationale, chants patriotiques, populaires (récurrence des termes "pour le dzing dzing, boum boum, et rata-tchigne")
Narrateur omniscient (faits, pensées, espaces, temps) : connaît déjà la fin, l'annonce, prévient à chaque étape, malgré des épisodes de sursaut, face aux éventuelles attentes optimistes du lecteur, coupe court à tout espoir (malgré l'axiome intérieur de Franz : "rien ne ... de céder au désespoir")
Réf à l'histoire de l'Allemagne début de siècle : réf à la 1GM, à la domination prusse / post1GM : les petits boulots pour survivre, les allocations, le troc, les coups, la tentation des mauvais coups (Franz tente d'y résister (c'est tout son histoire) — il se fera piéger par Reinhold ; le couple de gardiens d'un entrepôt cède aux propositions des cambrioleurs et se font prendre par les policiers dès leur première participation alors que les voleurs se sont déjà enfuis — aigreur)
Histoire politique de l'Allemagne : personnages portant les thèses et les discours : du national-socialisme (un petit commerçant, exposant de foire, membre d'un syndicat, au bagout convaincant — Franz porte le brassard quelque temps) ; du communisme (réf à Karl Libknecht et à Rosa Luxemburg) ; de l'anarchisme (Face à l'anarchiste adepte de l'action directe, Franz avance que l'anarchiste qui travaille continue d'enrichir une fortune privée, et reste donc esclave ; son "activité" de mac, elle, est réellement anarchiste puisque pour son propre compte — mais l'anarchiste le range du côté des exploiteurs — Franz ne sait plus quoi en penser)
Figure des femmes :
Ida (l'amie de Franz qui le trompe, Franz la tue accidentellement — positions ambiguës des acteurs de l'entourage de Franz : la sœur ne parvient pas à le haïr (ils baisent plusieurs fois ensemble après sa sortie de prison) ; Eva, l'ex de Franz qui l'aime toujours pense qu'Ida a méritté son sort) ;
Eva : l'amoureuse fidèle, un peu mère (soins après l'amputation, elle lui dégote la petite, le rassure quand elle découvre qu'elle se prostitue un peu à son insu...). L'amour d'Eva disparaît après la dépression de Franz et son passage à l'hôpital. A son retour, Eva a perdu son enfant et ne reconnaît plus le Franz qu'elle avait connu et désiré. Eva est le personnage qui s'en sort "le mieux" ; tandis que Herbert part en prison, elle reste avec son riche protecteur, libre des entraves qu'auraient représentées l'enfant s'il était arrivé à terme, Herbert si elle avait dû continuer à l'entretenir (bien qu'elle ne l'abandonne pas en prison, mais les sommes nécessaires sont incomparables), et Franz, si elle avait dû continuer à s'en occuper comme une mère ou une amante potentiellement adultère.
Mimi-Emilie Parsunke-Marie-Sonia : la jeune fille de province inexpérimentée, naïve, qu'Eva prend sous son aile après une rafle de prostituées ; figure de l'amour pur et dévoué, innocent et entier, son inexpérience des relations dans le milieu la fera tomber dans le piège de Reinhold. Amour fort et sincère de Franz, Mimi est son soleil après sa mort. Mimi n'aura pas su résister à l'amour et aux avances d'un plus jeune que Franz (Karl le zingueur), ni aux manigances de Reinhold, plus fort et déterminé que Franz (bien qu'elle pressente une âme manipulatrice avec ces prétendues révélations ur Franz, une violence, Mimi joue un jeu dangereux avec Reinhold, rationnellement pour que Reinhold lui révèle l'histoire de Franz, sensuellement parce que Reinhold représente une force que Franz n'a pas (les deux bras, la force, le torse (enclume tatouée, la démarche). Scènes de manipulation mentale et corporelle par Reinhold et Karl très intriguantes, cf Accatone de Pasolini pour la débauche consentie. Meurtre dans les bois de Freienwalde.
Figures masculines :
Reinhold : apparaît d'abord comme un coureur, que Franz croit incapable de s'attahcer à une femmes, en fait faux tendre et vrai violent : les coups que Reinhold lui porte dans la voiture avant de le jeter sur la chaussée le surprenne par leur force ; Reinhold n'aura aucun mal à envisager son assassinat lorsque Franz revient dans la bande, il tue Mimi froidement
Herbert : le mac classieux, vieil ami du Franz d'avant Tegel. On ne sait pas exactement pourquoi Franz va se diriger vers Pums plutôt que vers herbert, une fois assumé le choix de reprendre du service. Herbert et Eva assure les soins et la convalescence de Franz après la chute.
Franz et la caverne platonicienne : on peut voir le cheminement de Franz comme une expérience de la sortie des ténèbres vers le soleil. Dôblin (p. 603 s) compare le trajet de Franz au cheminement sur une route sans nom, yeux fermés, interrompus par de nombreux chocs qui ne font que repartir Franz encore plus vivement, jusqu'à l'apparition d'une lanterne dont la lumière éclaire le nom de l'avenue... de même, vers la fin, citation de César Flaischlen (écr. romantique XIX) à un bouquiniste détrempé par la pluie : "Qu'importe la froidure / Quand le soleil est en toi ?" ; au cimetière, Franz explique à Eva qu'i a son soleil près du cœur, on comprend qu'il s'agit de Mimi (ou du souvenir de son amour) ; nombreuses scènes de dialogues avec Herbert et Eva où ceux-ci clignent des yeux, écarquillent les yeux devant l'attitude, les propos de Franz : eux ont les yeux "ouverts" quand lui ne parvient pas à ouvrir ses yeux et à saisir la réalité des sentiments des gens qui l'entourent (à commencer par la haine que lui porte Reinhold), ni les raisons qui expliquent sa situation, sa chute
Franz et la justice platonicienne : si on entend "justice" au sens platonicien de harmonie naturelle conforme à la répartition des rôles que la nature a donnés à chacun pour qu'il occupe une place dans la cité, en fonction de ses capacités, on peut voir la mélopée/prosopopée de la Mort lorsque Franz agonise comme une maïeutique au forceps, au terme de laquelle Franz prend conscience qu'il s'est obstiné à refuser la réalité du rapport de force, qu'il n'a pas voulu reconnaître sa défaite face à Reinhold, face à la destinée, qu'il a toujours cherché à contredire, de façon égoïste (centrant sur lui-même ses souffrances et lamentations, se plaignant de l'injustice à lui faire, sans voir la douleur des gens qui l'entourent) et de façon obstinément, insolemment contre-nature... la Mort le force à prendre conscience de la honte que ses erreurs doivent lui faire éprouver, le force à se déclarer vaincu -> de retour à la vie, sorti de l'hôpital, Franz quitte le milieu, rejoint la communauté des hommes ordinaires, accepte un petit emploi (concierge auxiliaire), ses sens se stabilisent, il se rassérène, quand, à sa sortie de prison, au début du livre et pendant tout son itinéraire, Franz voyait les toits et les immeubles glisser, se déséquilibrer, instables... C'est donc là que Döblin considère comme la place "juste" de Franz, le comportement "juste" qu'il lui assigne : une certaine modestie, une résignation face au sort et à l'adversité trop forte, la fin de l'insolence (prométhéenne) avec la prise de conscience de ses fautes et de ses responsabilités (not. à l'égard d Mimi : il a provoqué la jalousie haineuse de Reinhold en jugeant son comportement avec les femmes, en cherchant à le raisonner dans cette attitude, en voulant lui montrer Mimi comme la femme-modèle, l'exemple parfait de la femme avec laquelle une vie sereine st possible, alors qu'en agissant ainsi, il n'a fait qu'exacerber les penchants vicieux de Reinhold)
Ce retour à l'ordre juste des choses se fait quand même au prix de l'injustice non résolue, du vice impuni — finalement, Reinhold s'en tire sans trop de casse, alors que le bras De Franz n'a pas repoussé et que Mimi ne reviendra pas ; à l'échelle de la société, ce cheminement souligne le nécessaire lien avec la communauté des hommes, l'échange avec ses semblables, certes, mais aussi la vacuité de la résistance face à l'exploitation : les discours national-socialiste, communiste et anarchiste ne se traduise pas en actes, n'offre aucune sortie concrète au système de domination capitaliste, qui finalement absorbe Franz une fois celui-ci revenu de ses errements, sauf à ce que la communauté prenne forme autour d'une solidarité active, mais la rébellion solitaire est vaine.
30 avril / 1er mai 2009
Trad célinienne : "C'est régulier"
Scènes d'abattoir : abattage d'un porc, d'un taureau et d'un veau : détails, neutralité (sauf pour le veau : "atroce"), technicité : Döblin dit à l'animal de ne pas en vouloir à son bourreau : son rôle de bourreau, ce n'est qu'une tâche administrative, pas de sentiments contre la bête
Inserts dans la narration :
- bulletins météo, réclames, articles, documents policiers ou administratifs, etc.
- explications techniques des faits : paragraphes sur le mécanisme de la sexualité (fonctionnement hormonal, répartition des fonctions dans le corps), explication de l'impuissance (après des scènes où Franz ne parvient pas à avoir une activité sexuelle avec des prostituées : médicament, traitement, conseil : attendre que ça passe) / explication physique des blessures de Ida, la compagne de Franz : les corps et les objets en rapport de forces, formules scientifiques décrivant a vitesse et l'énergie du geste de Franz quand il a frappé Ida avec le fouet de cuisine)
Références à des épisodes bibliques : citations, analogies : Jérémie, Job, histoire du faucheur armé par Dieu (ce faucheur aiguise son outil, sa tâche est inévitable), réf à l'Arche de Noë par le Juif (pour lui, il ne faut pas perdre espoir : lorsque Noë a sauvé les espèces de la création, il a sauvé jusqu'aux insectes apparemment les plus insignifiants et moches — reste à savoir quel crédit accorder aux récits et aux leçons donnés par ce Juif, moqué par son ami roux, et contredit par le récit lui-même (et donc par Döblin), et l'Histoire elle-même (le génocide)). Adam et Eve (Eva ? figure de la tentation originelle ? silence de Döblin sur ce point. Eva apparaît plus comme une mère aimante que comme le vice tentateur...). Babylone, monstre à sept têtes et dix cornes, assoiffée de sang... Döblin révèle vers la fin l'existence de deux anges gardiens qui ont protégé Franz jusque là.
Référence à des mythes de la tragédie grecque : Franz en Oreste, réf à Clytemnestre, aux Euménides (rapport au destin implacable, à la fatalité), aux Erynies
Réf à des écrivains, textes : Goethe (Chant de Mignon), Schiller (La Cloche), César Flaischen ; L'Internationale, chants patriotiques, populaires (récurrence des termes "pour le dzing dzing, boum boum, et rata-tchigne")
Narrateur omniscient (faits, pensées, espaces, temps) : connaît déjà la fin, l'annonce, prévient à chaque étape, malgré des épisodes de sursaut, face aux éventuelles attentes optimistes du lecteur, coupe court à tout espoir (malgré l'axiome intérieur de Franz : "rien ne ... de céder au désespoir")
Réf à l'histoire de l'Allemagne début de siècle : réf à la 1GM, à la domination prusse / post1GM : les petits boulots pour survivre, les allocations, le troc, les coups, la tentation des mauvais coups (Franz tente d'y résister (c'est tout son histoire) — il se fera piéger par Reinhold ; le couple de gardiens d'un entrepôt cède aux propositions des cambrioleurs et se font prendre par les policiers dès leur première participation alors que les voleurs se sont déjà enfuis — aigreur)
Histoire politique de l'Allemagne : personnages portant les thèses et les discours : du national-socialisme (un petit commerçant, exposant de foire, membre d'un syndicat, au bagout convaincant — Franz porte le brassard quelque temps) ; du communisme (réf à Karl Libknecht et à Rosa Luxemburg) ; de l'anarchisme (Face à l'anarchiste adepte de l'action directe, Franz avance que l'anarchiste qui travaille continue d'enrichir une fortune privée, et reste donc esclave ; son "activité" de mac, elle, est réellement anarchiste puisque pour son propre compte — mais l'anarchiste le range du côté des exploiteurs — Franz ne sait plus quoi en penser)
Figure des femmes :
Ida (l'amie de Franz qui le trompe, Franz la tue accidentellement — positions ambiguës des acteurs de l'entourage de Franz : la sœur ne parvient pas à le haïr (ils baisent plusieurs fois ensemble après sa sortie de prison) ; Eva, l'ex de Franz qui l'aime toujours pense qu'Ida a méritté son sort) ;
Eva : l'amoureuse fidèle, un peu mère (soins après l'amputation, elle lui dégote la petite, le rassure quand elle découvre qu'elle se prostitue un peu à son insu...). L'amour d'Eva disparaît après la dépression de Franz et son passage à l'hôpital. A son retour, Eva a perdu son enfant et ne reconnaît plus le Franz qu'elle avait connu et désiré. Eva est le personnage qui s'en sort "le mieux" ; tandis que Herbert part en prison, elle reste avec son riche protecteur, libre des entraves qu'auraient représentées l'enfant s'il était arrivé à terme, Herbert si elle avait dû continuer à l'entretenir (bien qu'elle ne l'abandonne pas en prison, mais les sommes nécessaires sont incomparables), et Franz, si elle avait dû continuer à s'en occuper comme une mère ou une amante potentiellement adultère.
Mimi-Emilie Parsunke-Marie-Sonia : la jeune fille de province inexpérimentée, naïve, qu'Eva prend sous son aile après une rafle de prostituées ; figure de l'amour pur et dévoué, innocent et entier, son inexpérience des relations dans le milieu la fera tomber dans le piège de Reinhold. Amour fort et sincère de Franz, Mimi est son soleil après sa mort. Mimi n'aura pas su résister à l'amour et aux avances d'un plus jeune que Franz (Karl le zingueur), ni aux manigances de Reinhold, plus fort et déterminé que Franz (bien qu'elle pressente une âme manipulatrice avec ces prétendues révélations ur Franz, une violence, Mimi joue un jeu dangereux avec Reinhold, rationnellement pour que Reinhold lui révèle l'histoire de Franz, sensuellement parce que Reinhold représente une force que Franz n'a pas (les deux bras, la force, le torse (enclume tatouée, la démarche). Scènes de manipulation mentale et corporelle par Reinhold et Karl très intriguantes, cf Accatone de Pasolini pour la débauche consentie. Meurtre dans les bois de Freienwalde.
Figures masculines :
Reinhold : apparaît d'abord comme un coureur, que Franz croit incapable de s'attahcer à une femmes, en fait faux tendre et vrai violent : les coups que Reinhold lui porte dans la voiture avant de le jeter sur la chaussée le surprenne par leur force ; Reinhold n'aura aucun mal à envisager son assassinat lorsque Franz revient dans la bande, il tue Mimi froidement
Herbert : le mac classieux, vieil ami du Franz d'avant Tegel. On ne sait pas exactement pourquoi Franz va se diriger vers Pums plutôt que vers herbert, une fois assumé le choix de reprendre du service. Herbert et Eva assure les soins et la convalescence de Franz après la chute.
Franz et la caverne platonicienne : on peut voir le cheminement de Franz comme une expérience de la sortie des ténèbres vers le soleil. Dôblin (p. 603 s) compare le trajet de Franz au cheminement sur une route sans nom, yeux fermés, interrompus par de nombreux chocs qui ne font que repartir Franz encore plus vivement, jusqu'à l'apparition d'une lanterne dont la lumière éclaire le nom de l'avenue... de même, vers la fin, citation de César Flaischlen (écr. romantique XIX) à un bouquiniste détrempé par la pluie : "Qu'importe la froidure / Quand le soleil est en toi ?" ; au cimetière, Franz explique à Eva qu'i a son soleil près du cœur, on comprend qu'il s'agit de Mimi (ou du souvenir de son amour) ; nombreuses scènes de dialogues avec Herbert et Eva où ceux-ci clignent des yeux, écarquillent les yeux devant l'attitude, les propos de Franz : eux ont les yeux "ouverts" quand lui ne parvient pas à ouvrir ses yeux et à saisir la réalité des sentiments des gens qui l'entourent (à commencer par la haine que lui porte Reinhold), ni les raisons qui expliquent sa situation, sa chute
Franz et la justice platonicienne : si on entend "justice" au sens platonicien de harmonie naturelle conforme à la répartition des rôles que la nature a donnés à chacun pour qu'il occupe une place dans la cité, en fonction de ses capacités, on peut voir la mélopée/prosopopée de la Mort lorsque Franz agonise comme une maïeutique au forceps, au terme de laquelle Franz prend conscience qu'il s'est obstiné à refuser la réalité du rapport de force, qu'il n'a pas voulu reconnaître sa défaite face à Reinhold, face à la destinée, qu'il a toujours cherché à contredire, de façon égoïste (centrant sur lui-même ses souffrances et lamentations, se plaignant de l'injustice à lui faire, sans voir la douleur des gens qui l'entourent) et de façon obstinément, insolemment contre-nature... la Mort le force à prendre conscience de la honte que ses erreurs doivent lui faire éprouver, le force à se déclarer vaincu -> de retour à la vie, sorti de l'hôpital, Franz quitte le milieu, rejoint la communauté des hommes ordinaires, accepte un petit emploi (concierge auxiliaire), ses sens se stabilisent, il se rassérène, quand, à sa sortie de prison, au début du livre et pendant tout son itinéraire, Franz voyait les toits et les immeubles glisser, se déséquilibrer, instables... C'est donc là que Döblin considère comme la place "juste" de Franz, le comportement "juste" qu'il lui assigne : une certaine modestie, une résignation face au sort et à l'adversité trop forte, la fin de l'insolence (prométhéenne) avec la prise de conscience de ses fautes et de ses responsabilités (not. à l'égard d Mimi : il a provoqué la jalousie haineuse de Reinhold en jugeant son comportement avec les femmes, en cherchant à le raisonner dans cette attitude, en voulant lui montrer Mimi comme la femme-modèle, l'exemple parfait de la femme avec laquelle une vie sereine st possible, alors qu'en agissant ainsi, il n'a fait qu'exacerber les penchants vicieux de Reinhold)
Ce retour à l'ordre juste des choses se fait quand même au prix de l'injustice non résolue, du vice impuni — finalement, Reinhold s'en tire sans trop de casse, alors que le bras De Franz n'a pas repoussé et que Mimi ne reviendra pas ; à l'échelle de la société, ce cheminement souligne le nécessaire lien avec la communauté des hommes, l'échange avec ses semblables, certes, mais aussi la vacuité de la résistance face à l'exploitation : les discours national-socialiste, communiste et anarchiste ne se traduise pas en actes, n'offre aucune sortie concrète au système de domination capitaliste, qui finalement absorbe Franz une fois celui-ci revenu de ses errements, sauf à ce que la communauté prenne forme autour d'une solidarité active, mais la rébellion solitaire est vaine.
30 avril / 1er mai 2009
lundi 20 avril 2009
Histoires de fantômes indiens - Rabindranath Tangore
Le Squelette
Un étudiant en médecine reçoit la visite de la fille qui a laissé ce squelette sur lequel il apprend l'anatomie
Les Pierres affamées
Un homme rencontre dans un train un voyageur à l'apparence d'un musulman mais bengali : cet homme fut collecteur d'impôt (encaisseur de la taxe sur le coton), il s'installa dans un palais abandonné érigé 250 ans auparavant pour les plaisirs d'un riche persan : marbre blanc, rivière Shusta, forêts épaisses et à l'époque, fontaines d'eau parfumées à la rose et bassins dans lesquels se baignaient de jeunes persanes à la longue chevelure bouclée. Bien que mis en garde contre le charme du palais la nuit tombée, le collecteur, envoûté, va vite se transformer en persan (s'incarner en un personnage des 1001 nuits) : abandonner ses habits simples indiens pour de plus sophistiqués vêtements musulmans, demander des plats moghols à son cuisinier... le palais frémit à la tombée de la nuit et bruit des sons que font les bijoux et les parures des femmes de l'ancien maître des lieux
Prise de conscience du sortilège : assis face à la Shusta, un soir d'été, à la tombée de la nuit, l'obscurité tomba d'un coup du fait de la présence des collines, et les nageuses se firent entendre, invisibles. Dans le palais, sans lumière, sensation de déranger un rassemblement, notes de sitar... la nuit, réveillé par une femme arabe sortie d'un conte des 1001 nuits... les nuits du collecteur devinrent des nuits arabes.. senteurs des arbres, du basilic, de la menthe, lourdeur de l'atmosphère, vents soudains, portes qui claquent, trombes d'eau, orages brusques, nuages épais, pluie de larmes
Un homme court tous les matins autour du palais en criant que tout n'est qu'illusion, cet homme fut le seul à sortir vivant du palais (3 nuits) mais en perdant la raison. On ne connaîtra pas l'histoire de la jeune persane, on sait seulement que les pierres du palais ont été irritées par la futilité des plaisirs qui s'y donnaient et que depuis, elles cherchent à s'emparer de la vie de tout être qui y habite.
Obsession
Un riche commerçant connaît des difficultés financières mais n'ose pas demander à sa femme de mettre en gage les bijoux qu'il lui a offerts. Prétexte à entrer dans la vie intime du couple : l'homme st "occidentalisé", càd n'impose pas ses vues à sa femme, prend trop en considération ses envies, ne joue pas le jeu des caprices féminins, etc. : la femme a tout ce qu'elle evut sans rien demander, sauf un enfant, elle s'attache donc à ces signes matériels et quand elle sent que son mari veut l'en déposséder, elle fuit avec un homme de son mari. Elle ne revint jamais, tandis que le mari revient à bonne fortune. Sa femme lui apparaît en spectre, il la suit et se noie. L'histoire est une mise en garde contre son auditeur : le raconteur nomme "innocemment" son personnage du nom de l'auditeur inconnu, dont la femme est appelée "la danseuse"...
La Fortune abandonnée
Histoire de l'avarice : un avare fait honte à son fils qui décide de le quitter accompagné de son propre fils. Seul, sans l'amour des siens, l'avare reçoit quelques années plus tard la visite d'un jeune garçon qu'il adopte et à qui il finit par léguer sa fortune. Il enferme ainsi le garçon sous un temple, là où il a dissimulé sa fortune, et scelle toute issue. L'avare reçoit alors la visite de son fils qui recherche le petit-fils, et lui apprend que le garçon et lui avaient changé d'identité par honte. Il réalise alors qu'il a enfermé et tué son propre petit-fils
Le Précepteur
Histoire d'avarice encore : le père d'un enfant gâté lui donne pour précepteur un homme avec lequel il va nouer des liens très forts. Le père et la mère s'en inquiètent, craignant que le précepteur manipule l'enfant pour en obtenir des richesses ; ils réduisent progressivement les heures d'enseignement du garçon, jusqu'à ce que le précepteur abandonne complètement son rôle (histoire d'un amour croissant inavoué). Plus tard, le jeune garçon, devenu dandy, reprend contact avec le précepteur devenu agent d'un homme d'affaires, qui lui remet de fortes sommes d'argent pour ses achats de riz et de céréales... le garçon désire rejoindre l'Angleterre pour y devenir avocat mais son père refuse de l'y aider... après une soirée ensemble, l'ancien précepteur découvre que le garçon a subtilisé de l'argent et déposé des bijoux de sa mère en garantie, avec deux lettres explicatives. L'ancien précepteur se présente au père pour lui demander remboursement des sommes volées, lequel croit à une supercherie à la suite du vol des bijoux, et renvoie l'ancien précepteur, qui se voit accorder une journée pour retrouver les sommes disparues. Face à l'impossibilité, il se suicide en se noyant, seul moyen pour lui de retrouver la sérénité que le garçon avait trompée
Au Cœur de la nuit
Un homme assiste son épouse gravement malade. Le médecin a une fille prête à marier. Pendant son agonie, l'homme promet à sa femme qu'il l'aimera toujours. Un soir, le médecin apporte deux fioles : une remplie de médicament, l'autre d'un produit de massage, empoisonné ; il met bien en garde la femme de ne pas se tromper de flacon. Dans la soirée, la femme absorbe le poison et meurt. L'homme se rapproche de la fille du médecin dont il tombe amoureux et à laquelle il fait la même déclaration qu'à sa femme. Dès lors, il entend le rire sarcastique de sa femme exploser dans toutes sortes de lieux et de circonstances, la jeune fille prend peur...
"Le docteur Haran me disait fréquemment que la mort était préférable pour ceux qui ne pouvaient pas guérir ; le fait de vivre ne leur apportait aucune joie et la faisait perdre à ceux qui les soignaient." (p. 122)
La Morte vivante
La tante d'un enfant qu'elle adore meurt subitement. Les prêtres chargés de sa crémation tardent à y procéder ; en attendant le bois, deux d'entre eux s'absentent pour fumer, les deux autres partent dans leur direction ; à leur retour, le corps a disparu. La femme se réveille le matin et rejoint sa vieille amie. Celle-ci l'héberge, son mari l'accueille. Mais des tensions apparaissent et un soir, la femme rejoint l'enfant malade, qui la reconnaît avec amour. La tante lui donne l'amour que la mère ne lui témoigne pas, préférant la compagnie de ses amies. Tous entrent dans la chambre et reconnaissent la tante, qui rassurée de s'être sue encore vivante par la réaction du garçon, décide de mourir en se jetant dans la rivière ("En mourant, Kadambini prouva qu'elle n'avait pas connu la mort.") (p. 154)
Ed. Cartouche, 2006, traduction pas mal mais nombreuses coquilles
Un étudiant en médecine reçoit la visite de la fille qui a laissé ce squelette sur lequel il apprend l'anatomie
Les Pierres affamées
Un homme rencontre dans un train un voyageur à l'apparence d'un musulman mais bengali : cet homme fut collecteur d'impôt (encaisseur de la taxe sur le coton), il s'installa dans un palais abandonné érigé 250 ans auparavant pour les plaisirs d'un riche persan : marbre blanc, rivière Shusta, forêts épaisses et à l'époque, fontaines d'eau parfumées à la rose et bassins dans lesquels se baignaient de jeunes persanes à la longue chevelure bouclée. Bien que mis en garde contre le charme du palais la nuit tombée, le collecteur, envoûté, va vite se transformer en persan (s'incarner en un personnage des 1001 nuits) : abandonner ses habits simples indiens pour de plus sophistiqués vêtements musulmans, demander des plats moghols à son cuisinier... le palais frémit à la tombée de la nuit et bruit des sons que font les bijoux et les parures des femmes de l'ancien maître des lieux
Prise de conscience du sortilège : assis face à la Shusta, un soir d'été, à la tombée de la nuit, l'obscurité tomba d'un coup du fait de la présence des collines, et les nageuses se firent entendre, invisibles. Dans le palais, sans lumière, sensation de déranger un rassemblement, notes de sitar... la nuit, réveillé par une femme arabe sortie d'un conte des 1001 nuits... les nuits du collecteur devinrent des nuits arabes.. senteurs des arbres, du basilic, de la menthe, lourdeur de l'atmosphère, vents soudains, portes qui claquent, trombes d'eau, orages brusques, nuages épais, pluie de larmes
Un homme court tous les matins autour du palais en criant que tout n'est qu'illusion, cet homme fut le seul à sortir vivant du palais (3 nuits) mais en perdant la raison. On ne connaîtra pas l'histoire de la jeune persane, on sait seulement que les pierres du palais ont été irritées par la futilité des plaisirs qui s'y donnaient et que depuis, elles cherchent à s'emparer de la vie de tout être qui y habite.
Obsession
Un riche commerçant connaît des difficultés financières mais n'ose pas demander à sa femme de mettre en gage les bijoux qu'il lui a offerts. Prétexte à entrer dans la vie intime du couple : l'homme st "occidentalisé", càd n'impose pas ses vues à sa femme, prend trop en considération ses envies, ne joue pas le jeu des caprices féminins, etc. : la femme a tout ce qu'elle evut sans rien demander, sauf un enfant, elle s'attache donc à ces signes matériels et quand elle sent que son mari veut l'en déposséder, elle fuit avec un homme de son mari. Elle ne revint jamais, tandis que le mari revient à bonne fortune. Sa femme lui apparaît en spectre, il la suit et se noie. L'histoire est une mise en garde contre son auditeur : le raconteur nomme "innocemment" son personnage du nom de l'auditeur inconnu, dont la femme est appelée "la danseuse"...
La Fortune abandonnée
Histoire de l'avarice : un avare fait honte à son fils qui décide de le quitter accompagné de son propre fils. Seul, sans l'amour des siens, l'avare reçoit quelques années plus tard la visite d'un jeune garçon qu'il adopte et à qui il finit par léguer sa fortune. Il enferme ainsi le garçon sous un temple, là où il a dissimulé sa fortune, et scelle toute issue. L'avare reçoit alors la visite de son fils qui recherche le petit-fils, et lui apprend que le garçon et lui avaient changé d'identité par honte. Il réalise alors qu'il a enfermé et tué son propre petit-fils
Le Précepteur
Histoire d'avarice encore : le père d'un enfant gâté lui donne pour précepteur un homme avec lequel il va nouer des liens très forts. Le père et la mère s'en inquiètent, craignant que le précepteur manipule l'enfant pour en obtenir des richesses ; ils réduisent progressivement les heures d'enseignement du garçon, jusqu'à ce que le précepteur abandonne complètement son rôle (histoire d'un amour croissant inavoué). Plus tard, le jeune garçon, devenu dandy, reprend contact avec le précepteur devenu agent d'un homme d'affaires, qui lui remet de fortes sommes d'argent pour ses achats de riz et de céréales... le garçon désire rejoindre l'Angleterre pour y devenir avocat mais son père refuse de l'y aider... après une soirée ensemble, l'ancien précepteur découvre que le garçon a subtilisé de l'argent et déposé des bijoux de sa mère en garantie, avec deux lettres explicatives. L'ancien précepteur se présente au père pour lui demander remboursement des sommes volées, lequel croit à une supercherie à la suite du vol des bijoux, et renvoie l'ancien précepteur, qui se voit accorder une journée pour retrouver les sommes disparues. Face à l'impossibilité, il se suicide en se noyant, seul moyen pour lui de retrouver la sérénité que le garçon avait trompée
Au Cœur de la nuit
Un homme assiste son épouse gravement malade. Le médecin a une fille prête à marier. Pendant son agonie, l'homme promet à sa femme qu'il l'aimera toujours. Un soir, le médecin apporte deux fioles : une remplie de médicament, l'autre d'un produit de massage, empoisonné ; il met bien en garde la femme de ne pas se tromper de flacon. Dans la soirée, la femme absorbe le poison et meurt. L'homme se rapproche de la fille du médecin dont il tombe amoureux et à laquelle il fait la même déclaration qu'à sa femme. Dès lors, il entend le rire sarcastique de sa femme exploser dans toutes sortes de lieux et de circonstances, la jeune fille prend peur...
"Le docteur Haran me disait fréquemment que la mort était préférable pour ceux qui ne pouvaient pas guérir ; le fait de vivre ne leur apportait aucune joie et la faisait perdre à ceux qui les soignaient." (p. 122)
La Morte vivante
La tante d'un enfant qu'elle adore meurt subitement. Les prêtres chargés de sa crémation tardent à y procéder ; en attendant le bois, deux d'entre eux s'absentent pour fumer, les deux autres partent dans leur direction ; à leur retour, le corps a disparu. La femme se réveille le matin et rejoint sa vieille amie. Celle-ci l'héberge, son mari l'accueille. Mais des tensions apparaissent et un soir, la femme rejoint l'enfant malade, qui la reconnaît avec amour. La tante lui donne l'amour que la mère ne lui témoigne pas, préférant la compagnie de ses amies. Tous entrent dans la chambre et reconnaissent la tante, qui rassurée de s'être sue encore vivante par la réaction du garçon, décide de mourir en se jetant dans la rivière ("En mourant, Kadambini prouva qu'elle n'avait pas connu la mort.") (p. 154)
Ed. Cartouche, 2006, traduction pas mal mais nombreuses coquilles
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