lundi 6 avril 2009
mardi 17 mars 2009
Trilogie d'Apu
La complainte du sentier
Une famille très pauvre du Bengale. Apu naît alors que le film a déjà mis en place la famille et la fille en particulier, qui est au centre de l'histoire : elle vole, aime et s'occupe de sa grand-mère, esprit sauvage...
Personnage phare : la mère. Beauté de Durga, la fille, tire la langue (pointue). Elle meurt d'une apoplexie après avoir joué sous la pluie.
Le père part gagner de l'argent mais ne donne pas assez de nouvelles ni d'argent à la famille : la mère dépérit, déprime.
le plus poétique. Simplicité extrême, évoque Songe d'une nuit d'été, nature, décors de la maison en ruine faisant corps avec la nature
La tante, fantôme mort-vivant évoque Kurosawa, délaissée par la mère qui la chasse à plusieurs reprises. La tante meurt dans les bois, Durga la découvre, Apu ne comprend pas ("elle dort ?")
Apu et Durga : beauté innocente, un peu sauvage. Les yeux. Scène où Durga doit réveiller Apu : on pourrait le croire mort : Durga relève des draps pour trouver l'oeil d'Apu, elle l'ouvre comme un coquillage, image très surréaliste.
Le train : apparaît par le sifflement au loin. Durga emmène Apu voir le train: paysage nouveau, poteaux électriques, modernité inconnue, dangereuse, inquiétante (bruit de la haute tension)
La pluie (la mousson arrive progressivement, en deuxième partie de film, images des étangs, des feuilles de nénuphars qui se recourbent), le vent (feuilles qui volent, portes, volets); éléments naturels très présents, tempête la nuit de la mort de Durga (présence du dieu éléphant : on peut maginer que Durga va être sauvée)
Religion : scène d'offrandes de durga qui prie pour avoir un mari (sa meilleure amie vient de se marier), elle meurt peu de temps après. + dieu éléphant = critique de la croyance des villageois ?
La tempête a détruit la maison des aïeux du père, et les liens qui les rattachaient à la maison et au village. Scène d'adieux où la voisine dit que l'on n'est pas fait pour rester toujours au même endroit ("ça rend mesquin, je le vois avec moi" dit-elle en pleurant)
L'invaincu
La famille part à Bénarès : le père y fait des prières pour gagner de l'argent.
Changement de décor : du huis-clos de la maison et de la cour, passage à la vie urbaine et sa promiscuité de voisinage (plus intrusive que dans le village : la famille n'a pas les mêmes rapports avec des voisins inconnus qui se mêlent de tout (exhortations aux bains) + pressions du voisin)
Le père se baigne régulièrement dans le Gange. Dévotion pure mais un peu fanatique.
La mère tient le foyer. Apu grandit en se baladant toute la journée dans les rues (scène près du Gange où il admire un homme fort -> scène dans Le monde d'Apu où il fait des exercices sur la terrasse de l'immeuble au matin, mêmes mouvements que cet homme : accroupissements, bras tendus...)
Le père meurt des suites d'une congestion pulmonaire (sic). Critique de la médecine : cataplasme de moutarde censé guérir le mal. Critique de la médecine traditionnelle : le père est censé lui-même être un guérisseur (scène des herbes pour un voisin), mais aussi de la médecine moderne (le docteur appelé a un stétoscope — mais prescrit des remèdes à l'ancienne)
Hésitations de la mère quant à la direction à prendre : propositions d'une fammile riche qui invite la mère à son service ; propositions d'un prêtre qui part en pélrinage. La mère décide de suivre ce prêtre qui comence l'éducation d'Apu.
Réticence rapide d'Apu, tentation attrait de l'école. la mère accepte de l'envoyer étudier. Scène de la lecture devant l'inspecteur : Apu lit le poème dans un rythme très musical (cf chanson percussive d'une chanteuse indienne)
Apu réussit ses études (deuxième du lycée), choisit de poursuivre en sciences, doit partir à calcutta, déchirement de la mère. Pendant qu'Apu découvre la vie étudiante et un peu oisive (avec Pulu) à la ville, sa mère s'enfonce dans une dépression (Apu ne lui écrit pas assez, rechigne à aller la voir pendant les vacances), ses yeux se creusent, devient semblable à la tante, scène de prostration au pied d'un arbre, entend la voix d'Apu un soir, près de létang (visions des lucioles : magnifique). Mort de la mère : Apu arrive à la maison vide. Part de la maison sans procéder aux funérailles
Train : outil du déchirement, de la séparation, du mensonge (le charlatan qui vend une crème magique à-tout-faire). toujours les sifflements au loin. Apu fait mine d'avoir raté le train pour rester plus longtemps près de sa mère
Sommeil, réveil difficile : dans cette scène, Apu a demandé à sa mère de le réveiller à 6 heures (son train est à 7) : sa mère n'arrive pas à le réveiller (peur croyant qu'il est mort — rappel du lit de mort de Durga). Scène du cours de littérature (métonymie, synecdoque, "association de mots", euphémisme) : Apu s'endort pendant le cours (doit travailler le soir à l'atelier de typographie
Critique de la religion : la dévotion, l'ascétisme discipliné voire fanatique du père ne l'a pas préservé de la mort — pire : le père meurt subitement après avoir ingurgité un verre d'"eau sacrée" du Gange ; déjà, c'est en rentrant de son bain auquel il est allé alors qu'il était déjà fatigué, qu'il a une attaque et s'effondre en haut des marches). Récurrence de l'oubli des lunettes : à chaque fois qu'il sort de Gange, le père oublie ses lunettes : perte de clairvoyance ? abandon de la raison sous l'effet de l'obéissance aux rites ?
Le monde d'Apu
Impression : passage du poétique pur (1) au néo-réalisme avec une dose d'expressionnisme (organisation du décor urbain, escaliers, visages très noirs (Apu en déprime à l'annonce de la mort d'Aparna). Dans Le monde, les décrs sont plus étudiés, très organisés (chambre d'Apu). Le jeu des acteurs est plus "occidental" : on croirait de la nouvelle vague par moments (les scènes Pulu/Apu, leurs habits, les cigarettes), on a quitté le théâtre traditionnel des débuts (genre Kurosawa)
Fatalité : alors qu'Aparna révèle ses sentiments à Apu, devient sincèrement amoureuse, se dévoue pour le servir (alors qu'ele était en droit d'attendre une vie de femme aisée), repart chez ses parents, lui écrit, lui reproche des fautes vénielles ("je t'ai écrit 8 fois, toi 7 — je te détesterai toujours, toujours"), scènes de joie frivole, de gaité, de égèreté (enfin) puis drame : le cousin ou frère vient annoncer la naisszance avant terme de l'enfant d'Aparna, on devine qu'elle est morte en couche (apu frappe cet homme : geste de violence contre le sort, la vie, qui ui vole encore l'être qu'il amie)
Scène de la vocation littéraire : un soir, en passant sur les voies ferrées, Apu explique à Pulu son projet de roman : (— "jeune paysan pauvre qui va étudier, réussir... — autobiographie — ma vie, et du roman" problème : Apu ne connaît rien à l'amour (d'ailleurs interrogations régulières sur ses rapports avec Pulu, et avec les hommes qu'il a croisés : l'homme riche à qui, enfant, il carresse les cheveux), Au n'a jamais eu de rapports avec des filles -> l'arivée d'Aparna se situe dans a suite de cette discussion. Beauté de l'écriture : sur le fleuve, Pulu lit des vers d'Apu et l'en félicite / Rejet de la littérature : Apu déchiré jette ses feuillets du haut d'une colline face à un coucher de soleil
Beauté d'Aparna : "Qui t'a fait de tels yeux ?" — "le kohl." Aparna est une beauté plus sensuelle, sophistiquée, quand Durga était une beauté naturelle, enfantine, mutine, pure (c'est ainsi qu'elle se présente dans la scène des offrandes "vierge pure")
Train : le train tue : au moment où l'on pense que Apu va se jeter sous un train, on entend un cri animal : un agneau a été éventré par un wagon. Dès son installation à l'appartement, Aparna ne supporte pas le sifflement du train : elle plaque vivement ses mains sur les oreilles. Apu croit gagner l'amour de son fils Kajahl en lui offrant un jouet en forme de locomotive : Kajahl le rejette violemment ; scène de fin : le grand-père voit Kajahl rejoindre Apu en courant puis sauter dans ses bras, et s'en retourne, la locomotive dans une main : Apu et son fils sont réunis, le train ne les séparera plus, fin de la malédiction d'Apu ?
Critique des traditions, croyances, coutumes : mariage d'Aparna arrangé par ses parents, le mari promis s'avère fou. La mère refuse le mariage, le père tente de l'imposer, la mère menace de se suicider. Le mari repart, la famille d'Aparna craint la malédiction qui veut que si la fille n'est pas mariée au moment prévu, elle sera maudite. Pulu, pourtant issu d'une famille aisée, éduqué et passé par la ville, comme Apu, prie Apu d'accepter le mariage avec sa cousine pour éviter la malédiction. Apu refuse d'abord ("on n'est pas au moyen-âge") puis s'y résout (dès l'arrivée d'Apu, la mère d'Aparna avait vu en lui le visage de Krishna, dit ensuite qu'elle avait su dès le début qu'il était bon...), peut-être pour obtenir le job dont Pulu lui avait parlé. Mais une fois le mariage scellé, Apu cherche à mieux connaître Aparna, sans profiter de sa situation, toujours hésitant, il veut qu'Aparna se sente au mieux. Lui-même éprouve une grande honte à la faire vivre dans la pauvreté, état qu'elle déplore (elle pleure en cachette) mais auquel elle s'habitue vit, apr amour, allant jusqu'à refuser qu'Apu prenne un deuxième travail, le menaçant de rentrer chez ses parents si elle ne pouvait plus le voir du fait de ses activités. Aparna rend visite à ses parents : très belle transition entre la scène où le couple est au cinéma regadant un film populaire mettant en scène un enfant aux pouvoirs magiques, protégé des dieux qui le sauvent de monstres (Apu est amusé par le film tandis qu'Aparna semble insensible) — et la scène de carrosse où le couple se déclare son amour (fondu par le biais de l'écran t de la fenêtre arrière de la calèche)
Note : Aparna n'est pas très cultivée, ne sait écrire que le bengali : "plus je t'écris, plus je fais de fautes"). Apu commence à lui enseigner l'anglais : C A T, F A T... "fat cat" (personnage riche et puissant) ?
Note : présences au moins à deux reprises de chants très flamenco
jeudi 5 février 2009
Collection Berardo au Musée du Luxembourg
Berardo : entrepreneur portugais - musée ouvert à Lisbonne en 2007
70 œuvres - 4 ou 5 salles - trop cher pour trop peu - moquette - mal éclairé, souffleries froid - point positif : jupes relevées dans les salles (châtain un cruche, veste velours marron, bas prune, jupe marron courte - pli à mi-cuisse, niveau d'une couture horizontale intermédiaire) et dans la librairie (brune un peu arty, bas opaques noirs, sac bandoulière retient le mouvement, même niveau max que dans la salle, réaction rapide, retournée vers nous)
Surréalisme
Miro : Figure à la bougie 1925
un couple (devine formes de corps d'une femme en robe rouge / homme épaules larges chemise blanche - étirées, déformées - fond huile toile blanche tirée par fixations sur un plancher aérien)
Magritte : Le Goufre argenté 1926, mur percé sur une colonne métallique à grosses vis - barre sur le travers du mur - perspective déformée, tailles incohérentes
Hans Bellmer - Toupie : os iliaque en plusieurs plis, rotules phalliques, pied de la toupie main posée sur une base
De Chirico - Cohorte confuse : multiples personnages, membres, attributs guerriers : casques, lances, épées, fanions, boucliers, jambes, bras ; mais pas un visage unique ; arrière-plan : façades de temples antique, carrelage
Pierre Roy - Le Café de la marine : port, poissons, hameçons, clair de lune
Max Ernst : Coquilles, fleurs 1929 : touches criantes, formes rondes techniques brosse sur fond huile monochrome / huile fond noir arbres imaginaires, lune légère
Abstraction
Man Ray (café)
Dali - téléphone homard
Pop Art
Klein IKB (603 ?) vernis craquelé brillant : apparence vagues
Nouveaux réalistes (1960)
Villéglé : Libération - Thorez ; (1 affiche italienne à côté platement publicitaire : Lava bene)
Soulages : noir, fond blanc, retours de brosse proche brou de noix
Fontana
Tom Wesselman : Great American nude #52 1963 : tech mixte : photo d'un couple en tenue de soirée, verre à la main ; pied du tableau : nu abstrait ; moquette blanche... moderne ?
... ombre projetée sur fond blanc, contournée de bleu, femme fumant, côté gauche du tableau : Audrey Hepburn et son prote-cigarette ?
Andy Warhol : Campbell Soup / Ten-foot flowers 1967
Six personnages en quête d'auteur - Pirandello
Edition GF Flammarion "Etonnants Classiques", 2004, trad. Claude Perrus, prés. et dossier par Nadia Ettayeb
Six Personnages fait partie d'une trilogie intitulée le "théâtre dans le théâtre" qu'elle initie en 1921, suivront : Chacun son idée (d'abord int. Comme ci [ou comme ça], 1924, et Ce soir on improvise, 1929
Un soir, dans un théâtre, une troupe de piètre talent répète une pièce de Pirandello (Jeu des rôles, 1919) lorsqu'apparaissent six personnages qui demandent à trouver un auteur.
Ces personnages disent être "nés vivants" de l'imagination d'un auteur qui n'a pas voulu leur donner de suite
Réactions d'abord amusées puis fascinées des acteurs, et surtout du directeur ; les acteurs deviennent les spectateurs des Personnages, lesquels leur reprochent de trahir la vérité artistique en cherchant à donner de la vraisemblance à leur interprétation (création vs mimésis)
Les six Personnages sont : un Père, une Mère, une Belle-Fille ("Amélie" — seul nom formulé pour ces Six Personnages), un Fils, un Adolescent, une Petite Fille, et Madame Pace que ces Personnages font eux-mêmes sortir d'un dispositif de décor qui appelle "naturellement" ce personnage (les chapeaux et une banquette figurent tellement le magasin de Madame Pace qu'elle en apparaît, comme élément "naturel" de ce décor)
L'histoire des personnages : le Père pousse la Mère dans les bras d'un autre homme, duquel elle a une fille. Le Père se rapproche de cette fille pendant sa scolarité, l'attend à la sortie de l'école... la Mère et ses enfants quittent la ville, et le Père retrouve la Belle-Fille plus tard dans un magasin de mode dont la patronne, Madame Pace, fait travailler la Mère comme couturière, et la Belle-Fille, comme prostituée, sous prétexte de rattraper les fautes de sa Mère qui ne fournirait pas un travail de qualité suffisante.
Le noeud du drame est la relation forcée que le Père va obtenir de la Belle-Fille ; la réaction de haine de la mère envers la Belle-Fille ; puis, sur un autre plan, la mort (accidentelle ?) de la petite Fille sous les yeux du Fils impuissant qui découvre près du bassin où elle s'est noyée, l'Adolescent qui se tire une balle dans la tête.
Le Fils de son côté présente la figure d'un être refusant d'affronter la vérité, de prendre position, mais quand il veut s'enfuir de la scène, il est matériellement incapable de franchir l'espace du plateau, par un escalier ou par l'autre.
La Belle-Fille est le centre de tout le drame puisque c'est elle qui prend la parole et semble tirer les ficelles de ce monde imaginaire (elle prévient que le Fils ne parviendra pas à s'enfuir, le retient comme par magnétisme, etc.), c'est elle qui représente la création, ce sont ses rires sardoniques que l'on entend quand le théâtre s'est vidé de la troupe et des techniciens...
Théâtre pirandellien, Pirandellisme : mise en abyme théâtrale : "théâtre dans le théâtre" où une pièce s'enchâsse dans une pièce cadre. Fonction : reflet de l'œuvre principale ; révélateur d'une vérité indicible (MacBeth)
Moments-clés de la pièce :
- le Père renverse les positions de réalité et d'illusion à la face du directeur : ce que le directeur croit être la réalité tel jour, ne sera peut-être plus qu'une illusion plus tard, à l'épreuve du temps et de la vie, alors que les Personnages sont fixés dans la réalité artistique, figés par les limites de leur création par l'auteur.
- le directeur refuse que la Belle-Fille rejoue la scène de l'attouchement avec le Père dans la boutique parce que ce serait inconvenant, alors que pour elle, c'est son histoire, sa vérité, et que la pièce doit la reproduire, fidèlement à sa réalité, sans considération du jugement, jugement des spectateurs, de la critique, mais aussi de son Père (qui en nourrit un remords honteux), ou de sa mère (qui en a fait une cause de jalousie et de haine contre elle)
LA BELLE-FILLE : "A présent, nous sommes entre nous, encore ignorés du public. Demain vous donnerez de nous le spectacle que vous jugerez bon, en le composant à votre guise. Mais est-ce que vous voulez le voir, ce drame ? Le voir vraiment, tel qu'il a éclaté ?"
Particulièrement, sur le fait :
LE DIRECTEUR : Au fait ! Venons-en au fait, mes amis ! Tout ça, c'est du bavardage !
LE PERE : Soit, monsieur ! Mais un fait, c'est comme un sac : s'il est vide, il ne tient pas debout. Pour qu'il tienne debout, il faut d'abord y faire entrer la raison et les sentiments qui l'ont déterminé.
"On ne donne pas impunément vie à un personnage" ; "nés vivants, ils voulaient vivre"
La femme de Pirandello est internée en 1919 pour trouble psy ; elle accuse Pirandello d'inceste avec sa fille. (Ici, personne ne nie les actes : la Mère les dénonce, le Père et la Belle-Fille ne les nie pas.)
jeudi 29 janvier 2009
Satyricon de Pétrone
Déambulations d'Encolpis dans Rome et l'Italie méridionale, sur mer et sur terre, dans les rues, les bordels, les thermes, les triclinium(s), etc.
Contexte historique dans le roman :
- 49 retour de César de Gaule -> guerre civile contre Pompée
- 48 victoire de César sur Pompée en Thessalie (à Pharsale)
- 44 César est assassiné par Brutus, Cassius, etc.
- 42 l'armée de Brutus et Cassius est battue par celle d'Octave et Antoine à Philippes
- 31 l'armée d'Antoine et de Cléopâtre (leurs flottes) est battue par Octave à Actium
Encolpis aime Giton (16 ans), qui aime et est aussi aimé d'Ascyltos. Ces trois personnages errent ensemble avant de se séparer quand Encolpis surprend Giton et Ascyltos ensemble.
Encolpis et Giton suivent Ascyltos près de Rome dans le castelet d'un chevalier romain, Lycurgue, ancien "frère" d'Ascyltos (qui le séduit à nouveau). Dans ce lieu, rencontre avec Lycas, un propriétaire de navires qui tombe vite amoureux d'Encolpis, et de Tryphonea, "commère" de Lycas. Pendant que Lycurgue et Ascyltos se retrouvent, Encolpis et Giton se rendent chez Lycas où la femme de celui-ci, Doris, tombe amoureuse d'Encolpis, et où Tryphonea "sèche jusqu'à la moelle" Giton. Lorsque celui-ci se repose, Tryphonea convoite Encolpis qui résiste, entraînant chez elle une certaine haine inextinguiblle -> jusqu'à la fin puisque sur le bateau de Lycas où ils se retrouvent tous, une dispute éclate entre tous ces personnages (Giton reconnu à sa voix ; Encolpis à la taille de son organe, soupesé par Lycas), à laquelle il n'est mis fin que par la menace que Giton fait à Tryphonea de se couper le sexe (de son côté, Encolpis fait mine de se trancher la gorge, mais il semble que cela ait moins d'effet).
Long passage consacré au festin donné par Trimalchio, esclave affranchi et enrichi ; occasion de plusieurs descriptions de mets, de réjouissances, de comportements, de rapports aux esclaves, etc.
Eumolpus : vieux poète pauvre dont le chant intempestif provoque des accès de violence de la part de ceux qu'il importune (dans les thermes, etc.). Occasion du poème sur la guerre civile en fin de livre. C'est lui qui a l'idée de se faire passer pour un vieillard cacochyme au seuil de la mort lorsqu'ils débarquent à Croton, lieu réputé pour être habité par des chasseurs d'héritage (des parents qui tentent de placer leur fils ou fille auprès de vieux sur le point de mourir). Sur cette espérance, des habitants leur offrent l'hospitalité (mais se retournant contre eux lorsque le stratagème est dévoilé). Technique pour obtenir les faveurs du jeune éphèbe dont il se fait tuteur : murmurer une prière à ses côtés dans la nuit (dans le triclinium, après une soirée avinée) sur le mode : "Vénus, si j'obtiens... de lui et qu'il ne sent rien, je lui offrirai alors..." : le garçon feint de dormir, cède, et le matin obtient ses cadeaux... ça commence par un couple de colombes (baisers), puis deux coqs de combat (caresses), puis la promesse porte sur un cheval de course (rapport) mais là, Eumolpus n'en a pas les moyens -> colère du garçon et rejet des nouvelles approches, menaçant de révéler les méfaits du vieillard à son père... jusqu'à ce qu'Eumolpus force sa volonté, obtient un nouveau rapport et s'endort... puis se réveille sous les prières pressantes du garçon qui en redemande ; là, c'est Eumolpus qui menace de tout dire à son père. (LXXXV-LXXXVII)
Fin du livre : Encolpis devient impuissant. Ce n'est pas l'envie qui lui manque de baiser Chrysis ou sa maîtresse mais les remèdes aphrodisiaques ni les sacrifices ne font rien contre la faiblesse de ses nerfs, qui déclenche naturellement le courroux des femmes qui le courtisent.
Satyricon est plein de pastiches de l'Enéïde essentiellement (l'argument de la pérégrination en Itaie , les tempêtes ; la technique d'écriture) mais aussi des Métamorphoses d'Ovide (notamment dans les références à des amours ou des transformations mythologiques ; et dans le passage sur le végétarisme (cf. passage sur Pythagore, livre XV des Méta.)
Trad. de Tailhade -> style presque célinien (univers : scato, sexo, couardise des personnages, fuite, impuissance, etc.), mélange de vulgaire et de savant, de néologismes, parfois chiant (chez Trimalchio). La préface indique que Tailhade a réinventé, réécrit des phrases entières.
Encolpis : nom grec : "celui qu'on tient dans ses bras"
Ascyltos : nom grec : "l'infatigable"
Giton : nom grec : "le voisin"
Tryphœna : nom grec : "la voluptueuse"
Trimalchio : "trois fois petit roi"
Eumolpus : nom grec : "celui qui chante bien" (complainte sur le sort du poète dans la société : LXXXIII, LXXXIV)
mérétrices : prostituées
cinède : prostitué mâle (spatalocinèdes : prostitués lascifs)
les (Dei) Consentes : les douze grands dieux olympiens : Jupiter et Junon (Zeus et Héra M/F), Neptune et Minerve (Poséïdon et Athéna ?), Mars et Vénus (Arès et Aphrodite ?), Phébus et Diane (Apollon et Artémis F/S), Vulcain et Vesta (Héphaïstos et Hestia ? Vulcain/Héphaïstos est marié à Vénus/Aphrodite), Mercure et Cérès (Hermès et Déméter ?)
Cælitès : les habitants du ciel -> les dieux
gobeleter
mystes : initiés
parthénie : petite fille -> Pannychis (nom grec : "nuit blanche"), 7 ans, que l'on va dévirginer
pallium : manteau
Quiritès : citoyens
triclinium : salle à manger (tricliniarchès : esclave qui supervise le service de la salle à manger)
thalamus : chambre nuptiale
buccinateur : joue du buccin (trompette courte recourbée) ; tibicen : flûtiste de musique romaine (choraulès : flûtiste de musique grecque) ; tubicinaires : joueur de trompette
iatraliptès : masseur
pyxide : petite boîte
ostiaire : portier
atrium : grande pièce de réception à l'entrée de la maison
promulsis (pl) : hors d'œuvre ; épidipnis (sing) : dessert
Orcus : la Mort
myriologue : discours long d'une lieue (mot formé par Tailhade)
érigone : vierge (à propos d'une truie)
Marsyas : satyre compagnon de Bacchus (souvent sur les fontaines)
manumission : cérémonie d'affranchissement de l'esclave au cours de laquelle on donne un soufflet celui-ci. Une taxe de 5%, 1/20, de la valeur estimée de l'esclave doit alors être payée. Coutume d'affranchir un esclave mourant.
apophorètes ; petits cadeaux à emporter
battologies : radotages ; calembredaines
Bacchus : "Liber (lat.)/Lyæus (grec)" : libérateur ; "Bromius : frémissant ; "Evius" : le dieu qu'on célèbre au cri de "évoé !"
subhaster : vendre aux enchères
lanista : patron d'une troupe de gladiateurs professionnels
bestiaire : condamné aux bêtes ; "tiers venu" : le gladiateur qui remplace le mort ; Thrax : glad. muni d'un sabre court et d'un bouclier
pétauristès : acrobates
nénies : bagatelles (choses de faible valeur, comp. menu fretin)
peristasis : le sujet (d'une déclamation)
Sibylle : la Sibylle de Cumes avait obtenu de vivre autant d'années qu'il y avait d grain sur une plage, mais avait oublié de demander la jeunesse éternelle
cordax : danse lascive, interdite en principe aux personnes convenables
atellanes : farces populaires (ancêtres de la comedia dell'arte)
codicilles ; tablettes à écrire
Tutelle ou Tutèle : divinité protectrice (not. d'un lieu)
contubernale : concubine d'un esclave
lacunar (m) : plafond à caissons
stryges (f) : sortes de vampires ou de sorcières (aériennes)
tripudier : danser
torus : lit ; mense : table
mattées : ragoûts
exeat : permission de sortir
periscelis : anneaux de tour de cheville ; armilles : bracelets de bras
sudarium : mouchoir (noué autour du cou)
epulum : repas public offert par un magistrat à son entrée en charge
"par le fil et par l'aiguille" : "de A à Z"
cubiculum : chambre
parentales : banquet funèbre ; novendial : banquet tenu le neuvième jour après les obsèques
ergastule : prison d'esclaves
succubat : "plaisir passif"
infula : bandelette sacrée
strigile : petit racloir pour enlever la crasse au sortir de l'étuve
tepidarium : pièce de transition entre l'extérieur et l'étuve
mentule (f) : organe
semicintium (m) : ceinture
novacula (f pl) : rasoirs
supins : gens étendus
contumélie : outrage
lecticarius : porteurs de litière
éphialte : cauchemar
libation piaculaire : offrande expiatoire
animadversion : désapprobation latente, hostilité sourde, antipathie... (ATLIF)
Prométhée enchaîné d'Eschyle
Eschyle
Prométhée est un dieu de deuxième génération qui a aidé Zeus à vaincre Cronos (fils d'Ouranos, propre père de Zeus) dans son combat contre les Titans, lesquels croyaient pouvoir vaincre grâce à leur seule force.
Mais Prométhée à pris parti pour les éphémères, les humains mortels, que Zeus voulait remplacer par une nouvelle espèce. Alors que les humains étaient reclus dans des grottes sans lumière, Prométhée leur a donné le feu mais aussi tous les arts, de l'agriculture à la céramique (Prométhée était adoré à Athènes à ce titre par les artisans du Céramique). Il leur a aussi donné l'espoir.
Zeus fait attacher Prométhée sur e Mont Caucase par des liens fabriqués par Héphaïstos (qui ne s'acquitte pas de sa tâche sans une certaine peine pour Prométhée).
Prométhée a de plus des dons de vision : il connaît le passé d'Io, la vierge transformée en vache par Héra, jalouse de l'amour que Zeus lui porta (par des apparitions en songe, il lui intima l'ordre de se laisser abuser par lui) et, victime d'un taon qui la pique sans relâche, condamnée à errer entre l'Europe et l'Asie (mer ionienne d'après son nom parce qu'elle est passé par e détroit), ainsi que son avenir qui la verra passer par le détroit de Bosphore...
Approché par Océan, les océanides et Io, Prométhée déclare que sa peine est injuste et que Zeus est sans pitié, que tout effort pour l'attendrir serait vain. Par conséquent, il ne retient pas le conseil qu'Océan lui donne de modérer ses propos à l'encontre de Zeus.
Prométhée déclare de plus que grâce ses dons oraculaires, il sait que Zeus sera renversé à son tour (par le fils de Thétis : celui qu'elle aura avec Zeus ou avec ?). Zeus dépêche Hermès pour connaître son avenir de la bouche de Prométhée, lequel refuse de livrer son secret.
Dans ce Prométhée, Zeus fait s'écrouler la montagne sur Prométhée enchaîné en punition de l'effronterie, de la fierté de celui qui ne veut pas souffrir en silence, taire sa révolte en acceptant son sort, ni révéler son futur à Zeus.
Il y aurait deux suites données par Eschyle : Prométhée déchaîné et Prométhée porteur de feu.
Prométhée voit sa peine aggravée par Zeus qui envoie un aigle dévorer le foie de Prométhée tous les deux jours. Héraclès-Hercule sauve Prométhée en le libérant de ses liens. Prométhée se soumet alors à Zeus en acceptant de porter une couronne d'osier en rappel de ses liens.
lundi 12 janvier 2009
L'Art d'aimer
Ovide. Editions Les belles lettres. Huitième édition. 2002
3 livres :
v1 S'il est quelqu'un de notre peuple à qui l'art d'aimer soit inconnu, qu'il lise ce poème, et, instruit par sa lecture, qu'il aime.
v9 Il est farouche, à la vérité, souvent rebelle à mes leçons, mais c'est un enfant, âge souple et qui se laisse guider. (parlant de l'amour :"Moi, Vénus m'a donné comme maître au jeune Amour" v7)
v21-25 (...) l'Amour m'obéit, bien qu'il me perce le coeur de ses flèches, et qu'il agisse et brandisse ses torches. Plus violemment l'Amour m'a transpercé, plus violemment il m'a embrasé, mieux je saurai me venger des blessures qu'il m'a faites.
v35 Avant tout, préoccupe-toi de trouver l'objet de ton amour, soldat qui, pour la première fois, affrontes des combats où tu es neuf. Consacre tes efforts ensuite à toucher la jeune fille qui t'a plu, et, en troisième lieu, à faire durer ton amour. [plan du livre]
[Où chercher ? A Rome même]
v41 Tandis que, libre encore, tu vas où tu veux, la bride sur le cou, choisis celle à qui tu puisses dire : "Toi seule me plais." Elle ne tombera pas du ciel, glissant dans l'air subtil ; il te faut chercher la femme qui charmera tes yeux.
v49 Toi aussi, qui recherches un objet qui fixe ton amour pour longtemps, apprends d'abord où l'on rencontre en abondance la jeune fille.
v61 Si tu es séduit par des charmes jeunes et encore dans leur développement, à tes yeux s'offrira, intacte, une jeune fille. Préfères-tu une beauté épanouie ? Mille, dans l'épanouissement de leur beauté, te plairont, et, malgré toi, tu ne sauras où fixer tes voeux. Que si, par hasard, tu aimes un âge mûr et plus expert, la troupe, crois-moi, sera encore plus compacte.
[lieux : promenades et lieux publics ; forum ; théâtre ; cirque ; naumachie de César puis triomphe (cérémonie) : occasion, dans le texte, pour Ovide de faire l'éloge de César, et occasion, sur les lieux du triomphe, de rencontrer de jeunes gens ; A table]
v79 Les forums même — qui pourrait le croire ? — conviennent à l'Amour, et, tout bruyants qu'ils soient, souvent une flamme y est née.
v99 C'est pour voir qu'elles viennent ; mais elles viennent aussi pour être vues ; l'endroit est dangereux pour la chaste pudeur.
v139 Assieds-toi contre celle qui te plaît, tout près, nul ne t'en empêche ; approche ton flanc le plus possible du sien ; heureusement la dimension des places force les gens, bon gré mal gré, à se serrer, et les dispositions du lieu obligent la belle à se laisser toucher.
v229 On rencontre aussi des occasions à table, dans les repas, et le bon vin n'est pas la seule chose à chercher.
v237-244 Le vin prépare les coeurs et les rend aptes aux ardeurs amoureuses ; les soucis fuient et se noient dans des libations multiples. Alors naît le rire ; alors le pauvre prend de la hardiesse ; alors disparaît la douleur, ainsi que nos soucis et les rides de notre front. Alors les âmes s'ouvrent en une franchise bien rare à notre époque ; c'est que le dieu chasse les artifices. Là souvent le coeur des jeunes hommes a été ravi par des belles ; Vénus, après le vin, c'est du feu sur le feu.
v245 Mais n'accorde pas trop foi à la trompeuse clarté de la lampe : pour juger de la beauté, la nuit et le vin sont mauvais. (...) La nuit dissimule les défauts, elle est indulgente à toues les imperfections ; à ces heures-là, toute femme semble belle.
v253 Faut-il dénombrer les réunions de femmes, propres à la chasse aux belles ? J'aurai plutôt compté le nombre des grains de sable.
v269 Avant tout, que ton esprit soit bien persuadé que toues les femmes peuvent être prises : tu les prendras ; tends seulement tes filets. (...) Celle même, dont tu pourrais croire qu'elle ne veut pas, voudra. L'amour furtif est agréable à l'homme ; il l'est aussi à la femme : mais l'homme sait mal dissimuler, la femme cache mieux ses désirs. Si le sexe fort s'entendait pour ne pas faire les avances, la femme, vaincue, prendrait bientôt le rôlede les faire.
v343 Donc va ; n'hésite pas à espérer triompher de toutes les femmes ; sur mille, il y en aura une à peine pour te résister. Qu'elles cèdent ou qu'elles résistent, elle aiment toujours qu'on leur fasse la cour ; même si tu es repoussé, l'échec est pour toi sans danger. Mais pourquoi serais-tu repoussé, quand on trouve toujours du plaisir à une volupté nouvelle, et que l'on est plus séduit par ce qu'on n'a pas que par ce qu'on a ?
v415 Prends bien garde à l'anniversaire de ton amie, et que le jour où il faut faire un cadeau soit néfaste à tes yeux ! Tu auras beau t'en défendre, elle t'arrachera quelque chose : la femme a trouvé l'art de s'approprier l'argent d'un amant passionné.
v433 Non vraiment, si je voulais énumérer tous les abominables artifices des courtisanes, dix bouches et autant de langues ne me suffiraient pas.
v441 Promets, promets ; cela ne coûte rien ; en promesses tout le monde peut être riche. L'espérance, du moment qu'on y ajoute foi, dure longtemps ; c'est une déesse trompeuse, mais bien utile. Si tu as fait quelque cadeau, on peut t'éconduire par tactique : on aura profité du passé et l'on n'aura rien perdu. Mais le cadeau que tu n'as pas fait, tu peux sembler toujours sur le point de le faire.
v451 Le point difficile, le travail délicat, c'est d'obtenir les premières faveurs sans avoir fait de présent (...).
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